VIDÉO. Des orques aperçues dans la baie de Fort-de-France
Un groupe d'orques a été aperçu en baie de Fort-de-France il y a quelques jours. Un moment unique, capturé par le téléphone d'une personne à bord d'un bateau.
Les images sont à couper le souffle. Sur une vidéo publiée sur les réseaux sociaux le 24 mai, on aperçoit, depuis un bateau, plusieurs orques nager ... dans la baie de Fort-de-France ! Il s'avère que cette observation a été confirmée et rapportée par la société d'excursions en mer KairiDream. Cette dernière a informé la Caribbean Cetacean Society (CCS) qu'elle a aperçue un groupe d'une quinzaine d'orques traverser la baie.
@actus_antilles97 Phénomène rare mais déjà observé. Un groupe d’orques vu aujourd’hui nageant dans la baie de Fort-de-France \ud83c\uddf2\ud83c\uddf6 Les cétacés semblent profiter du climat de la Martinique\ud83d\ude0e #orques #orca #wildlife #fish #fishtokfamous #fishtok #oceanlife #sealife #cetace #ocean #fortdefrance #martinique #martinique972 #madinina #caribbean
\u266c Del Mar - Solo Version - Ozuna
Contactée, l'association basée à Sainte-Luce nous a indiqué qu'il s'agissait de la deuxième observation d'orques ce mois-ci. "Cela n'avait pas provoqué de buzz mais des orques ont déjà été aperçus à Saint-Pierre", indique Jeffrey Bernus, le directeur de la CCS.
Bien que rares, les observations d'orques sont récurrentes en Martinique et dans le reste des Antilles. "Nous n'avons noté aucune saisonnalité pour le moment". Leur passage n'annonce pas l'arrivée des baleines à bosse, qui sont d'ailleurs en train de terminer leur migration dans nos eaux.
Une espèce "rare"
Des informations importantes sont à mentionner dans cette observation. Comme par exemple la présence de juvéniles. "C'est une très bonne nouvelle. C'est en effet une espèce qui est assez rare, et qui est soumise à plusieurs menaces, comme la chasse dans d'autres îles des Antilles pour la consommation de la viande."
L'orque, aussi appelée épaulard, est un cétacé cosmopolite, réparti dans le monde entier. Des études approfondies ont décrit son comportement dans plusieurs régions polaires et tempérées. D'un autre côté, les informations sur la répartition, les rôles écologiques et l'abondance des orques dans les régions tropicales et subtropicales sont limitées.
Dans la Caraïbe, l'orque est étudiée. Une synthèse de sa présence dans notre zone - "L'épaulard dans la mer des Caraïbes : un examen actualisé de son écologie, de son exploitation et de ses interactions avec la pêche" - a été publiée.
"Nous nous appuyons sur des travaux antérieurs pour mettre à jour les informations sur la distribution spatio-temporelle, l'exploitation et l'histoire naturelle des épaulards dans la mer des Caraïbes. Nous documentons également de nouveaux enregistrements sur leur interaction avec d'autres espèces et activités humaines. Nous avons rassemblé 385 enregistrements issus de la littérature, des systèmes d'information en ligne sur la biodiversité, d'Internet (réseaux sociaux et sites d'hébergement de vidéos) et d'initiatives fondées sur la science citoyenne", liste l'étude.
Les orques en mer des Caraïbes : une grande histoire
Ces enregistrements d'orques en mer des Caraïbes couvrent la période de mai 1951 à janvier 2023. Parmi ceux-ci, des observations (87,3 %), des prises intentionnelles (10,6 %), des prises accessoires (0,3 %) et des échouages (1,8 %). Parmi les prises historiques et intentionnelles, trois ont été réalisées par des baleiniers : une au large d'Isla Beata, en République dominicaine, le 28 mai 1866 ; un au large de Sainte-Lucie le 30 avril 1884 ; et un au large des Florida Keys en 1921. En outre, 35 captures directes impliquant au moins 83 individus ont été documentées à Saint-Vincent-et-les Grenadines et deux à Sainte-Lucie. Une femelle a été capturée accidentellement dans un filet maillant dans le golfe de Paria, à Trinité-et-Tobago, en 1987.
Selon l'étude scientifique, les signalements d'orques étaient répartis dans les Caraïbes orientales (39,5 %), les Caraïbes méridionales (19,7 %) et les Grandes Antilles (19,2 %), avec seulement 13, 6,8 et 1,8 % pour la région des Bahamas, l'Amérique centrale et l'est de la Floride. La plupart des signalements provenaient des Antilles françaises (18,4%), du Venezuela (13,0%), l'archipel des Bahamas (12,5 %), Saint-Vincent-et-les Grenadines (10,6 %) et Porto Rico (7,8 %).
Les cétacés ont également été signalés tous les mois de l'année, le plus grand nombre de mentions ayant été enregistré en août (42) et en avril (35). Septembre (13) et février (17) sont les mois où l'on en recense le moins. Comme l'indiquait Jeffrey Bernus, de la CCS, aucune variation saisonnière n'a été détectée.

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