Violences à Saint-Laurent : les élus sont excédés et le font savoir
Les élus saint-laurentais, comme les habitants de la ville, sont exaspérés par la violence qui touche la commune. Un sit-in est en cours devant la sous-préfecture de l'ouest.
La spirale de violence dans laquelle s'enfonce la ville de Saint-Laurent-du-Maroni excède ses habitants, mais aussi ses élus. Des délits et des crimes sont commis de jour comme de nuit, de manière quasi quotidienne, et aucun Saint-Laurentais n'est entièrement à l'abri.
Parmi les derniers faits marquants, le jeudi 3 octobre dernier, les gendarmes de la ville ont fait face à un barrage de tirs en leur direction. Ce dimanche 6 octobre, l'adjoint au maire Bernard Sellier, et son épouse, ont été braqués, ligotés et violentés à leur domicile. "L'insécurité à Saint-Laurent-du-Maroni a atteint un point critique et les habitants, tout comme leurs élus, sont à bout de patience", écrit Sophie Charles, maire de la commune, dans un communiqué publié ce lundi. Les vieux démons d'il y a quelques mois, après le meurtre gratuit de la pharmacienne Hélène Tarcy-Cétout ont été réveillés.
"Les agressions, toujours plus violentes et barbares, sont désormais notre quotidien, aussi bien dans les rues que dans nos maisons", poursuit le communiqué, avant de conclure : "Nous sommes excédés ! [...] La peur doit changer de camp. Les criminels doivent savoir qu'ils ne sont plus en terrain conquis ici. Nous exigeons de l'État, des réponses rapides. Saint-Laurent du Maroni ne peut plus attendre."
Justement, le 3 octobre, Sophie Charles a envoyé un courrier au Premier ministre, Michel Barnier dans lequel elle demande notamment l'arrêt du poste de contrôle routier (PCR) de la crique Margot. "La crique Margot ne constitue pas une frontière et mobilise malheureusement des effectifs de la gendarmerie qui pourraient être redéployés en ville, dans les quartiers sensibles [...] l'État doit pouvoir se concentrer sur la véritable frontière, c'est-à-dire sur le contrôle du fleuve Maroni", écrit l'édile à Matignon.
Sophie Charles a également demandé "l'éradication de certains quartiers informels qui servent de base arrière aux délinquants et leur permettent de conduire des actions dans tous les quartiers de la ville." Une "augmentation significative" des effectifs de sécurité est également demandée.
Ce mardi matin, l'équipe municipale de Saint-Laurent du Maroni s'est réunie devant la sous-préfecture pour manifester sa colère et réclamer des actes forts auprès de l'État. Ils ont indiqué leur intention de rester jusqu'au soir. Gabriel Serville est également sur place.
Vendredi 4 octobre, après s'être rendu à Saint-Laurent, le préfet Antoine Poussier annonçait déjà "un renforcement des effectifs de gendarmerie mobile, avec un peloton en plus." Depuis jeudi dernier, une douzaine de militaires du GIGN sont également présents pour renforcer la sécurité à l'ouest, assure la préfecture.

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