Une fresque contre la violence
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Une fresque contre la violence

Thomas FETROT
Mickaël Henry, sa mère et son ami Nicolas Rault devant la fresque. (HG)
Mickaël Henry, sa mère et son ami Nicolas Rault devant la fresque. (HG)

Lardé de coups de couteau dans la soirée du 31 décembre par des « amis » d'enfance, à Matoury, Mickaël Henry a survécu. Hier, dans les locaux cayennais de la direction de la jeunesse et des sports, le jeune homme de 23 ans a présenté une fresque militante contre la violence.

Mickaël Henry est un miraculé. Il y a moins d'un mois, le jeune homme âgé de 23 ans était allongé dans un lit d'hôpital, plongé dans le coma, après avoir été lardé de coups de couteau devant une supérette de Matoury le soir du 31 décembre. Ses agresseurs étaient des « amis » , des personnes qu'il a côtoyées tout long de son enfance. Aujourd'hui, Mickaël Henry est debout, vivant, sans la moindre pulsion vengeresse. Au contraire, il ne souhaite qu'une chose : transmettre un message de non-violence aux jeunes de Guyane.
Pour ce faire, Mickaël Henry a pensé que la meilleure solution serait d'illustrer ses pensées à travers un tableau, une fresque. Il a donc fait appel aux talents de son ami artiste, Nicolas Rault. Cette oeuvre, ils l'ont présentée hier matin à Cayenne, dans les locaux de la direction de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale. « Il a dit non à la violence pour faire passer un message de paix, commente la directrice, Sonia Francius. Il a choisi la vie. On ne peut que valoriser cette action positive. » Une opinion partagée par l'association des jeunes de « Rémire-Montjoly city » , qui a soutenu le projet.
LE SOIR OÙ TOUT A BASCULÉ
Le soir du 31 décembre, l'ambiance se dégrade subitement au sein du groupe d'amis réunis devant une supérette de la cité Zéphir. Mickaël Henry décide de s'interposer pour arrêter la bagarre. Il devient alors l'objet d'un déchaînement de violence. « J'ai reçu des coups de couteau au poumon, au diaphragme, dans le foie, le dos, sur la tête, raconte-t-il d'une voix monocorde. Je suis resté une semaine dans le coma et à mon réveil mes amis étaient là. Ils m'ont demandé ce que je voulais faire. Je leur ai dit que je ne voulais pas de vengeance. »
Debout à ses côtés, Eliete Dias da Silva, sa maman. Elle ne peut dissimuler son émotion. « Je n'arrive pas à mettre des mots sur la douleur et la souffrance, soupire-t-elle. C'est vrai qu'il est debout aujourd'hui, mais à chaque fois que je vois les cicatrices... Je ne comprends pas comment un jeune peut enfoncer un couteau dans le corps d'un autre. »
Nicolas Rault n'a pas d'explication mais il formule un conseil en forme de slogan à l'attention des jeunes du département. Il lance : « Utilise ton cerveau, pas ton couteau. C'est toujours pareil dans les quartiers. On grandit ensemble, on se connaît, mais s'il y a un verre ou un pétard de trop ça peut partir très loin. Je ne comprends pas qu'on se tue pour des choses aussi débiles. »

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