Une cinquantaine de personnes sans solution dans la rue Arago
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Une cinquantaine de personnes sans solution dans la rue Arago

Gérôme GUITTEAU, g.guitteau@agmedias.fr
Des demandeurs d'asile, des futurs réfugiés parmi eux sont arrivés en masse en fin d’après-midi, rue Arago à Cayenne. La majorité municipale attend une solution de la part du préfet.
Des demandeurs d'asile, des futurs réfugiés parmi eux sont arrivés en masse en fin d’après-midi, rue Arago à Cayenne. La majorité municipale attend une solution de la part du préfet. • GG

Une arrivée brutale de demandeurs d'asile, en fin d’après-midi, ce lundi a fait sortir de ses gonds madame le maire de Cayenne. La Rue Arago jusqu'au croisement de la rue Lallouette était bloquée par la police municipale en attente d'une solution de la part de l’État.

Le trottoir qui donne sur l'externat Saint-Jospeh, à Cayenne, rue Arago est plein de monde, ce lundi soir vers 19h30. On y circule difficilement. On entend de l'arabe, un peu d'espagnol et des enfants qui crient ou pleurent.

Deux voitures de la police municipale de Cayenne bloquent cet espace au niveau de la rue Madame Payé.

"Où est le préfet? Il est en train de dormir tranquillement chez lui alors qu'il connaît la situation", s'exclame madame le maire auprès de ses élus.

"Et nous, on doit se raisonner à laisser des bébés dans la rue? C'est impossible. Ce bébé ne dormira pas là ce soir", continue l'adjointe Farah Khan-Griset.

Les policiers municipaux attendent les ordres mais ils ne viendront pas car la compétence de la gestion des demandeurs d'asile est celle de l’État.

Ce dernier est de nouveau débordé. Les réfugiés eux-mêmes le reconnaissent.

"Je suis là depuis trois mois, il n'y a aucune solution. A la verdure, ils sont 120 pour une toilette. C'est très très sale. Cela fait trois mois que je suis là. On a pris un appartement pour le mois de ramadan avec six autres personnes. Je paye 150 euros mais après le Ramadan je reviendrai ici", envisage, fataliste, Achraf, sahraoui.

A Sinnamary, dans l'hôtel du fleuve, la situation n'est guère meilleure.

Des membres des familles afghanes se plaignent du manque de soins et de transport. "On est laissé à l'abandon par Humanity first. Moi, ils m'ont dit de ne pas m'inquiéter. Que j'étais musulman, que j'étais leur frère qu'ils allaient m'aider. Et ils l'ont fait au début mais maintenant ils sont sans solution et ma mère malade, diabétique ne peut pas recevoir de soins. Je suis désespéré", raconte Mirzi Kazem.

"Pourquoi le préfet n'agit pas?"

De l'autre côté de la rue, la majorité municipale attend, des coups de fil sont donnés.

"Je ne comprends pas le préfet. A la Verdure, il y a de la place, sur le parking. Il peut mettre des tentes et des sanisettes. Pourquoi n'agit-il pas?", s'agace Sandra Trochimara.

Vers 20h15, un policier national arrive et commence un recensement. Son regard montre de l'étonnement face à ce flot humain. Une dizaine de familles nouvelles sont à gérer. Plus de cinquante personnes l'entourent. Les demandeurs d'asile ne veulent pas dormir dans la rue.

"On sait que la filière vers la Guyane est privilégiée alors pourquoi la préfecture ne prend pas ses responsabilités, Pourquoi elle ne construit pas de logements. Il y a une sous-préfecture à Saint-Georges. A quoi sert-elle? Le maire de  Régina est prêt à les accueillir mais rien ne se construit. Non, la charge doit retomber sur les contribuables cayennais. Où allons-nous mettre les enfants? Dans quelle école?", constate Farah Khan.

"De toutes les façons la préfecture est nulle. Elle est nulle sur la question migratoire, sur celles des réfugiés, sur l'orpaillage. Elle est nulle. Là, elle faisait la morte, parce qu'on ne disait rien, mais ils ont de la chance qu'il ne pleut pas. Autrement , ils feraient comment avec tous ces bébés? "questionne une autre élue.

Un gymnase de nouveau mis à disposition par la CTG?

La fois dernière, avec la visite du ministre délégué aux Outre-mer, la CTG avait ouvert un gymnase en urgence afin de libérer l’accès à la cathédrale pendant les messes de l'Avent. "Mais c'était exceptionnel. M. Serville l'a proposé par humanité mais ce n'est pas de sa compétence, cette gestion. Nous ne pouvons pas lui demander encore. C'est à l’État d'agir", affirme madame le maire.

Jeudi, commence les vacances scolaires et le week-end Pascal, où les établissements seront libre jusqu'au 20 avril. Un moment important du calendrier chrétien et de son credo.Rappelons que le pape François a choisi son nom en hommage à "l'ascète des pauvres" : Saint-François d'Assises.

 

 

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