Un policier surinamais abattu en face de Maripasoula
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FAITS DIVERS

Un policier surinamais abattu en face de Maripasoula

Eric GERNEZ
Le Corps de Police du Suriname rend hommage sur son site au policier, Vinod Noermohamed, victime du braquage. Image Police du Suriname
Le Corps de Police du Suriname rend hommage sur son site au policier, Vinod Noermohamed, victime du braquage. Image Police du Suriname • .

C'est jeudi soir que le crime crapuleux a eu lieu. Lors d'un braquage, le jeune policier s'est interposé et a été victime d'un coup de feu

Un braquage s'est produit, jeudi soir, en face de Maripasoula, dans un des comptoirs chinois. Vinod Noermohamed, jeune policier, est en poste sur la côte. Il avait été envoyé pour assurer des renforts sur la zone en raison de l'insécurité chronique. Il est en dehors de son tour de fonction, quand il remarque des mouvements inhabituels dans un supermarché proche. Il décide d'intervenir et s'approche de ce qu'il identifie alors comme un braquage en cours.

 

Les comptoirs qui approvisionnent la logistique de l'orpaillage illégal en face de Maripasoula
Les comptoirs qui approvisionnent la logistique de l'orpaillage illégal en face de Maripasoula • Archives FG

 

Une seule balle

Cet acte lui sera fatal. Un coup de feu part et le jeune homme s'effondre. Il semble qu'une balle de calibre 9mm l'ai atteint à l'abdomen. Par malchance, le projectile a touché une zone vitale et a entraîné une grave hémorragie. Pendant que les agresseurs prennent la fuite dans les broussailles à l'arrière du supermarché, les secours s'organisent. La seule unité médicale sérieuse de la zone est à Maripasoula. Il y est transporté, mais à l'arrivée les équipes médicales et les gendarmes ne pourront que constater le décès.

Information floue et floutée

Comme à chaque fois qu'un drame arrive sur le fleuve, la remontée de l'information est compliquée. On parle d'individus en bande organisée, masqués, porteurs de gilets pare-balles et d'armes longues de type AK ou AR-15. Rien ne confirme ces faits. On est juste face, pour l'instant, à une blessure d'arme de poing. Le policier aurait aussi été, lors de l'incident, en charge de la sécurité de l'établissement pour arrondir ses fins de mois. Encore une fois, rien de sûr. Les multiples publications qui sont diffusées sur les réseaux sociaux filent sur le fleuve plus vite qu'une pirogue. Elles brouillent la communication.

Un far-ouest Guyanais, sans frontières, ni loi

On a parfois l'impression sur ces sites lointains de se trouver dans une scène de western. D'un côté, le Suriname qui peine à payer le carburant pour les brigades fluviales et les salaires de ses agents. De l'autre un Etat empêtré dans ses règles d'engagements face aux bandits et hanté par les stigmates d'une action de l'armée sur le sol national. Au milieu, une frontière, toujours pas signée, qui ne permet pas de donner un cadre plus construit à une action bilatérale contre l'orpaillage.

On va beaucoup parler d'orpaillage responsable, de lutte contre le mercure et d'actions solidaires de développement économique dans les salons. Dans la pratique, l'or tue. Sa valeur est convoitée et il n'y a plus de règles quand il s'agit de se l'approprier. Sur le fleuve, Loi est à la force. Le policier aspirant Vinod Noermohamed aura payé de sa vie cette démonstration. Nous adressons nos condoléances à sa famille et à ses proches.

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