Jessica Ismaël a besoin de béquilles depuis son agression, lundi (BD)
Une femme a été agressée en sortant de la Poste par deux jeunes dont un mineur, lundi. Clarens Louis-Jacques, le plus âgé, qui l'a traînée à terre pour lui arracher son sac, a été condamné à dix-huit mois de prison.
Un mineur et un jeune adulte âgé de 19 ans voulaient un téléphone portable et de l'argent lundi. Il était aux environs de 10 heures. « Ils ont d'abord été à la recherche d'une lycéenne. Puis, ne trouvant pas, ils ont rejoint la Poste de Baduel car il y avait le retrait des prestations familiales » , constate avec émoi le procureur. « À se demander si on peut encore sortir en ville quand on est une femme! » , s'exclame-t-elle. Elle souligne la détermination des deux agresseurs. « Parce qu'elle ne voulait pas lâcher son sac, le prévenu l'a traînée dans la rue! C'est sordide. Ils voulaient « se faire la dame » comme ils l'ont déclaré en audition. »
À la barre, lors des comparutions immédiates, seul le majeur est présent. Clarens Louis-Jacques répond à voix basse. Il ne sait comment justifier son acte. Tout juste s'excuse-t-il auprès de la victime. Celle-ci est présente à l'audience, encore endolorie par les coups. Le choc émotionnel est intact.
« JE N'OUBLIERAI JAMAIS LEUR VISAGE »
Aidée d'une béquille, Jessica Ismaël est aussi en colère : « Je n'oublierai jamais leur visage. Je suis partie pour aller faire des papiers à la Poste. C'est sur le chemin du retour que j'ai été agressée. J'étais sur l'avenue Gustave-Charlery lorsque deux individus ont surgi à vélo derrière moi. J'ai mis alors mon sac sur ma poitrine et j'ai accéléré le pas. Un des individus, le plus jeune, est passé devant moi et m'a menacée avec un tesson de bouteille. Il m'a dit « donne-moi le sac » , l'autre derrière a répété la même chose et il a happé mon sac, je ne l'ai pas lâché, je suis tombée et il m'a traînée jusqu'à ce que je lâche prise. C'est un automobiliste qui a pris en chasse avenue Pasteur celui qui avait le sac. La solidarité des automobilistes a permis d'arrêter les deux agresseurs. »
En réponse « à cette violence gratuite et banalisée » , une peine de dix-huit mois dont six avec sursis est requise. Du côté de la défense, Me Fabienne Landry met l'accent sur la jeunesse de son client : « Il s'est laissé influencer par son camarade connu des services de la protection judiciaire. » Aussi, pour l'avocate une peine lourde l'empêcherait de régulariser sa situation. Après délibérations, Clarens Louis-Jacques est reconnu coupable des faits. Il est condamné à dix-huit mois de prison dont huit avec sursis.
Peine assortie d'une mise à l'épreuve de deux ans avec obligation de soins et d'indemniser la victime. Le mineur sera jugé ultérieurement.
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