Le schéma de la nouvelle unité censée lutter contre les violences aux Antilles et en Guyane. Si quelqu'un comprend quelque chose... (DR)
Le ministère de l'Intérieur a créé une nouvelle structure, l'Ulcovag, censée lutter efficacement contre la délinquance en Guyane et aussi aux Antilles. Un dispositif incompréhensible.
Non, ce n'est pas le nom d'un nouveau médicament pour soigner la migraine. L'Ulcovag est l'Unité de lutte contre la criminalité organisée et la violence aux Antilles Guyane. Ce tout nouveau projet, pondu par le ministère de l'Intérieur, a été diffusé de manière restreinte. Nous avons eu accès au document. Il est dans la droite ligne des ZSP (1) : un machin incompréhensible.
La note de trois pages « fixe les grands axes de cette réorganisation » qui sera opérationnelle « le 1er septembre 2014 » . D'abord, et ça fait grincer des dents chez les policiers, l'Ulcovag sera dirigée par un général de gendarmerie. Son adjoint sera l'actuel patron de la police judiciaire Antilles-Guyane, basé en Guadeloupe. Ces deux chefs assureront « la gouvernance du dispositif décliné à l'identique » dans les trois départements. Jusqu'ici, tout va bien. C'est après que ça se gâte.
« Ils (le général et le commissaire) disposeront de plusieurs pôles opérationnels composés de personnes spécialisées des deux directions générales (police et la gendarmerie) : un état-major opérationnel situé au siège du commandement (pôle 1), un pôle de police technique et scientifique (P2), le GIR (P3). » La note est assortie d'un schéma censé rendre plus clair le propos. Dommage, c'est l'inverse qui se produit.
UNE MISSION DE LUTTE CONTRE LES VIOLENCES
S'ensuit une description succincte du but de chaque pôle. Ces pôles seront « dirigés par l'une ou l'autre force selon le principe de strict équilibre, agiront au profit de l'ensemble des unités et services » . Attention quand même : « Les services de police et unités de gendarmerie conserveront une activité propre que la nouvelle structure permettra toutefois de mieux coordonner. » Ah!
C'est à la fin de la page 2 qu'on apprend que l'Ulcovag aura pour mission « de lutter contre les violences » . Il était temps de le dire. Les enquêtes seront menées par des groupes mixtes (gendarmes et policiers) qui « pourraient être prioritairement localisés dans les locaux de la gendarmerie » . Voilà qui va plaire aux policiers...
Cette Ulcovag se fera sans la création de nouveaux postes et avec un minimum de mutations. Seul le poste de grand chef, qui reviendra à un général de gendarmerie, sera créé. Deux petites choses encore, trois fois rien. Le ministère de l'Intérieur pense quand même qu'il faudra « une mission conjointe de configuration [...] indispensable dans les meilleurs délais » . Avec un tel bazar, il vaudrait mieux.
Enfin, et c'est à la toute fin de la note, « il conviendra d'être attentif aux craintes du personnel » (de la police et de la gendarmerie) et « d'axer la communication sur la spécificité de la délinquance de ces territoires qui nécessite des structures particulières pour y faire face » . Un dispositif analogue pour la Corse sera mis en place en même temps. On souhaite bon courage aux gendarmes et aux policiers car, à défaut de soigner la migraine, l'Ulcovag va la leur donner.
(1) Les zones de sécurité prioritaire
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