« Pour eux la vie des autres n’a aucune valeur »
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« Pour eux la vie des autres n’a aucune valeur »

Propos recueillis par Philippe CHAUVIN

Lundi 16 juin, au lendemain d’une fête des pères plus que mouvementée, Steven Saïbou, surtout connu pour ses exploits sportifs en cyclisme, a failli laisser sa vie devant chez ses parents pour quelques mots de trop. Georges, son père, décrit dans quel abattement psychologique cette épreuve laisse sa famille.

Comment ont débuté les incidents ?
Après le repas familial pour la fête des pères, ma fille Shoren et ma femme Iris discutaient gaiement dans le jardin pendant que je regardais le mondial. Alors qu’ils passaient à proximité, deux jeunes, l’un âgé de 17 ans, l’autre de 19 ont cru qu’une familiarité qu’elles échangeaient pour chahuter leur était adressée. Ils sont alors revenus sur leurs pas pour demander des comptes. Le ton est monté et l’un d’entre eux a essayé d’attraper le collier que portait mon épouse. Elle s’est défendue mais l’agresseur n’a pas hésité à la frapper brutalement au visage. Du haut de son jeune âge, ma fille a voulu défendre sa mère en jetant une bouteille en verre sur les assaillants sans les atteindre. Le plus jeune a ramassé les tessons pour lui porter des coups à la tête. Elle est venue essayer de me prévenir mais le temps que je comprenne ce qui s’était passé et il n’y avait plus personne.
À quel moment votre fils Steven est-il intervenu ?
Bien longtemps après, le lendemain. Nous avions eu le temps de prévenir les gendarmes et d’essayer de localiser ces véritables barbares. Mais au lieu de se cacher, ceux-ci n’ont rien trouvé de mieux à faire que de repasser devant notre portail et de se faire voir par ma fille. Elle a alors prévenu Steven qui venait de voir le visage tuméfié de sa mère et dont le sang n’a fait qu’un tour.
Comment a-t-il alors réagi ?
En fait, son intention a été d’essayer de faire comprendre à ses interlocuteurs la gravité de leurs actes. Mais au lieu de s’excuser, ils l’ont immédiatement insulté. Il n’a pas pu contenir sa colère et à commencer à immobiliser le plus jeune. Le second qui est majeur et cousin du premier a défait sa ceinture afin de frapper mon fils. Celui-ci, pour se protéger, a alors relâché sa prise et mis ses bras devant lui ce dont a profité celui qui venait d’être libéré pour sortir un couteau et le piquer sur le côté d’un coup qu’il voulait mortel.
Comment se porte-t-il aujourd’hui ?
Heureusement qu’un de ses amis est arrivé à temps pour l’extirper des mains de ces tueurs et l’a amené aux urgences. Il est passé à deux doigts de la mort. Aujourd’hui, il se remet tranquillement. Il faudra du temps. Le tour de Guyane s’est râpé pour cette année. Mais c’est un moindre mal.
Que vous inspirent ces événements ?
D’abord, qu’il faut se méfier. On ne sait pas qui est armé. Les voyous d’aujourd’hui n’ont plus aucun sens moral. J’avais prévenu mon fils en lui demandant de ne pas intervenir et de laisser faire la police. Même le père de l’auteur des coups de couteau, qui est venu s’excuser longuement, m’a dit qu’il ne savait plus quoi faire avec son fils. C’est lui qui l’a livré à la police avec le cousin. Pendant les interrogatoires, je suis resté un moment seul avec lui à la gendarmerie. J’ai essayé d’engager le dialogue, de le faire réfléchir sur l’absurdité de ses actes. Soit disant pour un mot de trop qui ne lui était même pas adressé. Il m’a répondu par un doigt d’honneur. J’ai du mal à considérer qu’il existe des êtres aussi diaboliques. Rien ne peut prévenir de leur violence. Aujourd’hui, je compte sur la justice pour essayer de donner une réponse à ce que je ne comprends toujours pas.

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