Pollution chimique évitée après le naufrage d’une pirogue à Saint-Laurent
Grâce à l’intervention très rapide des pompiers, les berges du Maroni ont été sauvées d’une pollution au chlore
C’est le roman-fleuve du naufrage économique et sanitaire du Maroni qui écrit ses pages. Une fois de plus, faute à pas de chance, une pirogue se renverse.
Heureusement, pas de noyé, pas de blessé et les poissons sont sains et saufs. Les bidons de chlore venant du Suriname ne se sont pas ouverts.
On sait, que trop, que le service des bacs est à l’arrêt ou fonctionne de manière très parcellaire. Le commerce, donc, s’organise sans lui. Le fret, tant qu’il peut être fractionné, passe d’une rive à l’autre en pirogue. Ce matin, une embarcation venant d’Albina était chargée de chlore. Arrivant à proximité de la cale de débarquement, en zone internationale, une mauvaise manœuvre l’a fait chavirer.
Par le fruit du hasard, les pompiers de Saint-Laurent se trouvaient en exercice sur cette cale. L’exercice est ainsi passé en mode réel, avec des pompiers qui n’auraient pas pu être plus vite sur place !
La Providence a aujourd’hui aidé à ce que ce naufrage accidentel ne devienne pas la cause d’une pollution chimique grave sur les berges du fleuve. Cela soulève des questions et il ne faudrait pas trop compter sur la chance pour corriger nos erreurs face aux responsabilités réglementaires.
On connaît la fameuse Convention de 1915, qui autorise toutes les marchandises sur le fleuve tant qu’on ne touche pas la berge. Aujourd’hui, manifestement, il y avait intention d’entrer sur le territoire français. Le transport des matières classées est-il autorisé en pirogue ? L’absence de service public pour traverser le fleuve autorise-t-elle tout ?
Il semble que la loi et les règlements sur le fleuve, coucher de soleil après coucher de soleil, soient parfois interprétés avec une latitude équinoxiale. Quid des produits chimiques qui traversent le fleuve ?
Malgré la Convention de 1915, le transport des carburants doit y être réglementé. Pourquoi ne l’est-il pas ? Le ferry La Gabrielle n’aurait pas les documents officiels pour le transport des passagers, ce qui aurait motivé le départ du capitaine. Est-ce vrai ?
Autant d’entorses qui conduisent déjà à l’empoisonnement du fleuve par le mercure. Doit-on attendre un autre drame pour prendre les rênes du fleuve ? Le partage des responsabilités entre l’État et la collectivité locale donne un sentiment de flou sur la question transfrontalière. Le besoin d’en préciser à nouveau les contours est urgent.

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