Plus d'une dizaine de pirogues saisies sur l’Oyapock en un mois
En près d’un mois, plus d'une dizaine de pirogues ont été saisies par les forces de l’ordre sur l’Oyapock. Ce matin, deux hommes naviguant à bord d’une pirogue transportant du wassaï et du poisson ont été interpellés et jeudi, trois hommes avaient été appréhendés alors qu’ils faisaient route vers un camp d’orpaillage.
Jeudi, vers 3 heures, une pirogue dérivant au milieu de l’Oyapock avait été repérée par une patrouille de la Police aux frontières (PAF) et trois hommes avaient été interpellés. La cargaison de l’embarcation, baptisée Vitoria-Karolaine – des pièces de concasseur, des corps de pompe, des batées, des haches, des pelles, des produits alimentaires et près de 750 litres de carburant – ne laisse aucun doute quant à sa destination : l’approvisionnement d’un camp d’orpaillage. Les trois hommes ont été placés en garde à vue à l’antenne de la Police aux frontières (PAF) de Saint-Georges. Ils ont accepté de se soumettre à un dépistage du Covid-19. « S’ils avaient été déclarés positifs – et ça n’a jamais été le cas jusqu’à présent –, ils auraient intégré le circuit médical. Mais le temps que le dépistage soit réalisé, que le résultat du test nous parvienne et que l’examen médical intervienne, on dépasse tout délai légal en matière de privation de la liberté », indique le commandant Bertrand Desquiens, patron de l'antenne de la PAF de Saint-Georges. Les trois hommes ont été reconduits au Brésil hier dans la soirée.
Si les propriétaires ne sont pas identifiés, les pirogues sont détruites, leurs normes de fabrication ne correspondant pas à celles de l’Europe. « On a réussi à retrouver le propriétaire de la Sao-Paulo qui nous avait notamment foncé dessus lors de l’interpellation. Dans ce cas, l’embarcation pourra être remise à son propriétaire après paiement d’une amende », résume le commandant.
Le service de la PAF à Saint-Georges, composé d’une soixantaine de personnes, est entièrement mobilisé et des renforts de la police nationale se relaient chaque semaine (voir photo ci-dessous). Côté FAG, une compagnie de chasseurs alpins avec des piroguiers de la légion est sur place. « Cette semaine, on a également eu un renfort des Affaires maritimes, avec une embarcation, et il y a une quinzaine de jours, la Marine nationale est venue nous appuyer. Ils doivent revenir. Nous organisons aussi environ deux patrouilles conjointes ou miroir par semaine avec la police fédérale brésilienne », souligne le commandant Desquiens.
Si le travail de la PAF vise avant tout à empêcher la circulation de personnes d’une rive à l’autre, les saisies de marchandises sont nombreuses. « On réalise des saisies en moyenne tous les deux jours mais il n’y a pas vraiment de schémas. A un moment, c’était davantage en début de journée ou en soirée ; maintenant, c’est plus la nuit. Le dispositif en face s’adapte au nôtre qui est pourtant complètement aléatoire. On arrive quand même à déjouer les tentatives », se félicite le commandant Desquiens.
Tous les contrôles ne donnent pas lieu à interpellation. « Le chiffre varie beaucoup en début ou en fin du mois, mais on est amenés à contrôler une quinzaine d’embarcations par jour en moyenne, pour vérification des documents. Les habitants des villages, notamment, doivent se munir de l’attestation dérogatoire de déplacement quand ils viennent à Saint-Georges pour des achats de première nécessité, par exemple. Les autres font l’objet de mesure de non-admission sur le territoire français. On n’est pas dans l’interpellation systématique, seulement quand il y a une infraction judiciaire qui mérite une qualification pénale. »

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