Plus d'une dizaine de pirogues saisies sur l’Oyapock en un mois
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Plus d'une dizaine de pirogues saisies sur l’Oyapock en un mois

A.G.

Le commandant Bertrand Desquiens, patron de l'antenne de la PAF de Saint-Georges (à gauche) devant une partie des marchandises saisies jeudi, sur la pirogue Vitoria-Karolaine © A.G.

Le trafic fluvial sur l'Oyapock est aussi observé à la jumelle © A.G.

Ces officiers de la police nationale sont venus se faire dépister après avoir passé la semaine à Saint-Georges de l'Oyapock en renfort de la PAF © A.G.

Ces trois pirogues ont été saisies dans le courant du mois © A.G.

Cette pirogue a été saisie ce matin à Saint-Georges de l'Oyapock par la PAF © Claude Joseph

© Claude Joseph

Une distribution a été organisée par la mairie afin de distribuer deux sachets de de jus wassaï et un poisson par personne © Claude Joseph

En tout ce sont près de 2,5 tonnes de jus de wassaï et de poisson qui ont été saisies © Claude Joseph

En près d’un mois, plus d'une dizaine de pirogues ont été saisies par les forces de l’ordre sur l’Oyapock. Ce matin, deux hommes naviguant à bord d’une pirogue transportant du wassaï et du poisson ont été interpellés et jeudi, trois hommes avaient été appréhendés alors qu’ils faisaient route vers un camp d’orpaillage.

Ce matin, une pirogue transportant du poisson et du wassaï depuis la rive brésilienne jusqu’à la rive française a été interceptée par les forces de l’ordre sur l’Oyapock. Ses deux occupants ont été placés en garde à vue.

Jeudi, vers 3 heures, une pirogue dérivant au milieu de l’Oyapock avait été repérée par une patrouille de la Police aux frontières (PAF) et trois hommes avaient été interpellés. La cargaison de l’embarcation, baptisée Vitoria-Karolaine – des pièces de concasseur, des corps de pompe, des batées, des haches, des pelles, des produits alimentaires et près de 750 litres de carburant – ne laisse aucun doute quant à sa destination : l’approvisionnement d’un camp d’orpaillage. Les trois hommes ont été placés en garde à vue à l’antenne de la Police aux frontières (PAF) de Saint-Georges. Ils ont accepté de se soumettre à un dépistage du Covid-19. « S’ils avaient été déclarés positifs – et ça n’a jamais été le cas jusqu’à présent –, ils auraient intégré le circuit médical. Mais le temps que le dépistage soit réalisé, que le résultat du test nous parvienne et que l’examen médical intervienne, on dépasse tout délai légal en matière de privation de la liberté », indique le commandant Bertrand Desquiens, patron de l'antenne de la PAF de Saint-Georges. Les trois hommes ont été reconduits au Brésil hier dans la soirée.
Les denrées saisies vont au CCAS
Comme lors des saisies précédentes, les denrées alimentaires sont remises au centre communal d’action sociale (CCAS) de Saint-Georges pour être distribuées à la population. Le carburant sera remis au village Blondin, qui n’a plus « de gasoil pour faire tourner ses groupes électrogènes », annonce le commandant Desquiens. Les investigations pour retrouver le propriétaire de la Vitoria-Karolaine sont en cours. « Il est rare que les propriétaires soient dans les pirogues interceptées et on n’arrive pas toujours à les retrouver », indique le commandant.

Si les propriétaires ne sont pas identifiés, les pirogues sont détruites, leurs normes de fabrication ne correspondant pas à celles de l’Europe. « On a réussi à retrouver le propriétaire de la Sao-Paulo qui nous avait notamment foncé dessus lors de l’interpellation. Dans ce cas, l’embarcation pourra être remise à son propriétaire après paiement d’une amende », résume le commandant.

Ces trois pirogues ont été saisies dans le courant du mois - A.G.
Les FAG en renfort
Depuis un mois, les moyens pour faire respecter l’interdiction de trafic maritime entre les deux rives sur l’Oyapock ont été renforcés avec le concours des forces armées en Guyane (FAG). « Nous avons trois embarcations à l’eau 24 heures sur 24 : la PAF a un moyen nautique et les FAG, deux embarcations. »

Le service de la PAF à Saint-Georges, composé d’une soixantaine de personnes, est entièrement mobilisé et des renforts de la police nationale se relaient chaque semaine (voir photo ci-dessous). Côté FAG, une compagnie de chasseurs alpins avec des piroguiers de la légion est sur place. « Cette semaine, on a également eu un renfort des Affaires maritimes, avec une embarcation, et il y a une quinzaine de jours, la Marine nationale est venue nous appuyer. Ils doivent revenir. Nous organisons aussi environ deux patrouilles conjointes ou miroir par semaine avec la police fédérale brésilienne », souligne le commandant Desquiens.

Ces officiers de la police nationale sont venus se faire dépister après avoir passé la semaine à Saint-Georges de l'Oyapock en renfort de la PAF - A.G.
Une frontière fluviale de 730 km
Ces moyens ne visent cependant pas à couvrir l’ensemble de la frontière franco-brésilienne, longue de plus de 730 kilomètres. D’autant que Ouanary, Trois-Palétuviers ou Camopi sont placés en zone gendarmerie. « On patrouille sur le territoire qui nous préoccupe le plus, en lien direct avec les embarcations qui viennent de Vila Victoria, d’Oiapoque et qui descendent vers Saut-Maripa à destination de Camopi. Les moyens dont nous disposons ne permettent pas de couvrir des centaines de kilomètres », déplore le commandant Desquiens.

Si le travail de la PAF vise avant tout à empêcher la circulation de personnes d’une rive à l’autre, les saisies de marchandises sont nombreuses. « On réalise des saisies en moyenne tous les deux jours mais il n’y a pas vraiment de schémas. A un moment, c’était davantage en début de journée ou en soirée ; maintenant, c’est plus la nuit. Le dispositif en face s’adapte au nôtre qui est pourtant complètement aléatoire. On arrive quand même à déjouer les tentatives », se félicite le commandant Desquiens.
« Il y a plus de tension »
La montée en puissance des moyens de contrôle a permis la saisie d’une dizaine d’embarcations depuis près d’un mois. Mais cette pression joue aussi sur les comportements des personnes qui traversent la frontière fluviale illégalement et qui tentent de se soustraire à l’interpellation. « Quand ils voient les moyens de police française, certains contrevenants se jettent dans le fleuve et partent à la nage ; d’autres abandonnent leur embarcation qui s’échoue sur la rive française. D’autres essayent de nous foncer dessus, en revanche. Il y a plus de tension », constate le commandant Desquiens.

Tous les contrôles ne donnent pas lieu à interpellation. « Le chiffre varie beaucoup en début ou en fin du mois, mais on est amenés à contrôler une quinzaine d’embarcations par jour en moyenne, pour vérification des documents. Les habitants des villages, notamment, doivent se munir de l’attestation dérogatoire de déplacement quand ils viennent à Saint-Georges pour des achats de première nécessité, par exemple. Les autres font l’objet de mesure de non-admission sur le territoire français. On n’est pas dans l’interpellation systématique, seulement quand il y a une infraction judiciaire qui mérite une qualification pénale. »

Le trafic fluvial sur l'Oyapock est aussi observé à la jumelle - A.G.


Le trafic fluvial sur l'Oyapock est aussi observé à la jumelle • A.G.
Ces officiers de la police nationale sont venus se faire dépister après avoir passé la semaine à Saint-Georges de l'Oyapock en renfort de la PAF • A.G.
Ces trois pirogues ont été saisies dans le courant du mois • A.G.
Cette pirogue a été saisie ce matin à Saint-Georges de l'Oyapock par la PAF • Claude Joseph
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Une distribution a été organisée par la mairie afin de distribuer deux sachets de de jus wassaï et un poisson par personne • Claude Joseph
En tout ce sont près de 2,5 tonnes de jus de wassaï et de poisson qui ont été saisies • Claude Joseph

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