Macéio, un tapir du zoo de Guyane à deux doigts d'être enlevé et tué par des braconniers
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FAITS-DIVERS

Macéio, un tapir du zoo de Guyane à deux doigts d'être enlevé et tué par des braconniers

Jade Letard-Methon (j.letard-methon@agmedias.fr)

Mais que se passe-t-il dans cette zone de Montsinéry-Tonnégrande / Macouria ? Après plusieurs faits-divers au cours de la semaine dernière, c'est un tapir mâle du zoo de Guyane qui a failli être enlevé de son enclos le week-end dernier. L'animal aurait très bien pu être tué par des braconniers.

 Dans la nuit de vendredi à samedi, des braconniers entrent dans l'enceinte du zoo de Guyane en sectionnant l'enclos à papillons. Ils en ont après le tapir mâle d'un des enclos qu'ils veulent attraper en le tuant ou en l'assommant "avec des bouts de bois", selon le directeur du zoo, André Chaumet. "Je pense qu'ils n'ont pas voulu utliser un fusil pour ne pas faire de bruit ", nous répond-il. Toutefois, le tapir réussit à fuir ses assaillants, probablement après avoir opposé une résistance : "ça court très, très vite un tapir", continue André Chaumet.

Sur place, les équipes du zoo constatent plusieurs paires d'empreintes de pas et s'imaginent donc que les individus étaient 4 ou 5 au moment des faits. Pendant 2 jours, Macéio, c'est le nom du tapir, ne donne pas signe de vie malgré les recherches menées par le personnel qui quadrille une zone "assez large".

À ce moment-là, tous déduisent que la bête a été tuée sur place ou enlevée dans cette optique. Finalement, le lundi, en milieu de matinée, l'animal se rapproche progressivement de son lieu de vie, peut-être attiré par les bruits du quotidien. "Il s'est manifesté en sifflant, on l'a reconnu, on l'a sifflé en retour et on l'a ramené doucement à son enclos."

Après cette escapade pour le moins rocambolesque, Macéio écope de quelques blessures "pas très graves" dont une à la patte arrière droite et des éraflures. "Il boite encore un peu". Le directeur du zoo et son équipe imaginent que le tapir a très certainement dû recevoir des coups, compte tenu de son comportement. "On le voit très peureux, même avec nous : il est encore très stressé". Les bruits inhabituels font ainsi fuir ce jeune mâle âgé de 6 ans.
Un coup pour renflouer un site d'orpaillage illégal ? 
Depuis, au zoo de Guyane, la sécurité est en cours d'être renforcée grâce aux réparations des clotûres endommagées, des renforcements d'enclos ainsi qu'au déploiement de caméras de surveillance. Après les deux années passées marquées par la crise sanitaire, toutes ces installations sont imprévues mais "nécessaires" pour que les animaux continuent d'être en sûreté.

"Ce qui est extraordinaire, c'est de voir des braconniers rentrer au zoo pour tuer un tapir", commente André Chaumet pour qui l'intrusion n'a rien d'un hasard.

Pendant notre interview, le directeur du zoo de Guyane revient, entre autres choses, sur l'abattage sauvage de la vache d'un éleveur voisin, le vol exclusif de matériel de jardinage à la ferme Marivat - une tronçonneuse et une débroussailleuse - ainsi qu'une autre tentative de vol au zoo, cette fois-ci pour y dérober de la viande. "C'était une opération de préparation pour envoyer cela sur un site d'orpaillage clandestin", nous assure le directeur, pour qui il s'agit de l'hypothèse la plus probable. Contactés, les effectifs de gendarmerie n'ont pas répondu à nos sollicitations.

Pour l'heure, l'équipe, qui est heureuse d'avoir pu récupérer Macéio en vie, dit avoir reçu du soutien de chasseurs locaux. "Ils sont atterés et sidérés de voir que des chasseurs - si tant est que ce sont des gens qui ont fait de la chasse un jour dans leur vie qui ont fait ça - soient rentrés dans un zoo pour aller tuer un tapir."