Les avocats de l’affaire Bertrand font le procès de l’enquête
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Les avocats de l’affaire Bertrand font le procès de l’enquête

Pierre-Yves CARLIER

Léon Bertrand, Mes Kelidjian et Varaut, hier après-midi au procès des marchés de la CCOG/photo PYC

Me Marcault-Derouard, Jean Pradié, Léon Bertrand, Mes Kelidjian et Varaut, hier après-midi au procès des marchés de la CCOG/photo PYC

CCOG. Le procès des marchés publics de la communauté de communes de l’Ouest guyanais s’est ouvert hier, à Fort-de-France.

Ce n’est pas pour rien que les Martiniquais appellent la salle d’audience de leur cour d’appel « le hangar à bananes ». Il faut avoir vu ces bungalows, installés « provisoirement » il y a trente-deux ans, pour se rendre compte de la pauvreté de la Justice française. Une cour d’appel flambant neuve doit ouvrir en fin d’année. En attendant, c’est dans ce hangar que sont jugés, jusqu’à vendredi, Léon Bertrand et ses cinq coprévenus, dans le procès en appel des marchés publics de la communauté de communes de l’ouest guyanais (CCOG).
Léon Bertrand « serein »
Avec trois magistrates pour décider du sort du maire de Saint-Laurent et Thierry Zennaro, fonctionnaire de la Répression des fraudes en Martinique pour premier témoin, on se dit que ce procès en appel ressemble trait pour trait à celui qui a vu, il y a douze mois, Léon Bertrand condamné à trois ans de prison ferme.
Didier Ligier, avocat d’Augustin To-Sah Be-Nza (ancien directeur général de la CCOG) ressort les mêmes documents qui, selon lui, prouvent que les procédures d’appels d’offre avaient été respectés. Des documents que les juges du premier procès ont suspectés d’être des faux. Léon Bertrand se dit, comme l’an dernier, « serein ». Alexandre Varaut, son avocat, reste persuadé que son client est resté à l’extérieur des réunions de la commission d’appel d’offres.
Une erreur dans la transcription des dates ?
Mais il faudra que l’histoire s’écrive différemment, si Léon Bertrand veut être relaxé. Les avocats veulent croire que le calme avec lequel Monique Goix, la présidente, mène les débats, est le signe qu’elle est « à l’écoute ». « Elle ne donne pas l’impression d’avoir des idées préconçues. », se satisfait Me Varaut.
Pour le reste, Thierry Zennaro a répété qu’en plongeant dans les dossiers de la CCOG, c’était « la première fois (qu’il) rencontrai(t) autant de manquements, de manquements grossiers, à des règles élémentaires. » Il cite en exemple la construction du centre de formation de Saint-Laurent. La CCOG a signé le marché avec l’entreprise avant même la réunion de la commission d’appel d’offres. En réplique, Me Ligier soutient qu’il s’agit d’une erreur dans la transcription des dates. La preuve ? La comission se serait réunie un… dimanche.
Les avocats, Me Varaut en tête, veulent convaincre que les dossiers étudiés par Thierry Zennaro étaient incomplets. « Thierry Zennaro a été trompé par les gens qui lui ont remis les documents. Se trompant, il a trompé (le juge d’instruction). On s’est persuadé que les marchés étaient irréguliers, que c’était pour avantager des entreprises et que, si on a avantagé des entreprises, c’était pour en tirer un avantage. C’est logique, mais c’est faux. »

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