« Je pense que là où il est, il est en pleurs de nous avoir quittés aussi tôt. Mais il gardera ses deux passions que sont la musique, à travers son activité de DJ, et son carnaval. » Il était 16 h 40 samedi, quand, dans l'église Saint-Antoine de Cayenne, la soeur de Lucas Diomar a prononcé ces paroles. Dans l'édifice religieux, près de deux cents proches, amis et parents, dont la mère et les frères et soeurs de Lucas, l'écoutaient. Dehors, plusieurs dizaines de personnes attendaient, notamment les membres de son groupe carnavalesque Mayouri Tcho Nèg. Quand le cercueil est sorti de l'église à 17 heures, la formation musicale a joué avec tout l'amour qu'elle avait pour celui qui a été tué de deux coups de couteau en marge d'une fête d'anniversaire cité Mortin à Cayenne, une semaine plus tôt. Elle a joué avec tout l'amour mais aussi toute la rage de ceux qui ont perdu de manière violente et injuste un proche. Les percussions ont cogné, les trompettes ont vibré. Y a-t-il des morts justes ? Probablement non. Mais Lucas Diomar a été arraché à la vie alors qu'il n'avait que 18 ans. Sa soeur, toujours dans l'église, a exhorté les proches « à danser pour lui jusqu'à sa dernière demeure » . Pourquoi ? « Parce qu'aujourd'hui (samedi) c'est son anniversaire. Il a 19 ans aujourd'hui. » Et l'assistance de chanter à l'unisson « joyeux anniversaire » dans l'édifice religieux. Des dames, en larmes, ont alors sorti des mouchoirs. Le prêtre, lors de la messe, a voulu rappeler que « le mal n'aura pas le dernier mot » . Il a ajouté : « Quand on aime et qu'on est aimé, l'horizon s'éclaire » et a conclu : « Lucas, notre frère, nous te disons adieu. » Le maire de Cayenne, Marie-Laure Phinéra-Horth et Marc Cébret, le père de Yannick, le meilleur ami de Lucas toujours hospitalisé, ont assisté à cette messe émouvante. - Deux personnes présentées au tribunal samedi
Au moment même où les obsèques de Lucas étaient célébrées, un majeur et un mineur ont été présentés au juge d'instruction qui dirige l'enquête sur le meurtre de Lucas Diomar et sur les violences infligées à Yannick Cébret. Selon nos informations, le mineur a été laissé libre et le majeur a été placé en détention provisoire pour quelques jours. Ce dernier aurait demandé un délai pour préparer ses arguments avant de passer devant le juge des libertés et de la détention qui décidera s'il est placé en détention provisoire ou non. Cette audience devrait avoir lieu cette semaine. Samedi, derrière le tribunal, quelques proches de ces deux hommes ont attendu, fixant le tribunal des yeux en espérant qu'ils sortent. Rappelons que dans ce dossier, un homme de 24 ans a été mis en examen et écroué mercredi après-midi.
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