Le maire d'Apatou était poursuivi pour recours aux services d'une personne exerçant un travail dissimulé et aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour d'un étranger en situation irrégulière (photo d'archives)
Paul Dolianki, le maire d'Apatou, était poursuivi pour recours aux services d'une personne exerçant un travail dissimulé. L'affaire a été jugée vendredi par le tribunal correctionnel de Saint-Laurent. Le vice-procureur a réclamé la relaxe.
Dans cette affaire, Jontel Fedries, l'artisan maçon qui a effectué les travaux dans la maison du maire, était lui aussi à la barre du tribunal. Il devait répondre du fait d'avoir employé un étranger non muni d'une autorisation de travail salarié.
Le 25 juillet 2011, suite à une dénonciation, le capitaine de la police aux frontières de Saint-Laurent débarque à Apatou avec un inspecteur du travail, pour contrôler les ouvriers qui travaillent dans une maison appartenant au maire d'Apatou. Ce dernier, qui n'est pas sur place, arrive quelques minutes plus tard et il reçoit une convocation pour s'expliquer au poste de la Paf de Saint-Laurent. Le capitaine fait un rapport qu'il remet au parquet, expliquant que le maire fait travailler dans un bâtiment public un étranger non muni d'une autorisation de travail salarié. Paul Dolianki est également poursuivi pour aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier d'un étranger en France.
Vendredi, Me José Lobeau et Me Jérémy Stanislas, les deux avocats de la défense, ont, dans une magistrale plaidoirie, démonté pièce par pièce les arguments du ministère public. Une défense qui a mis mal à l'aise le vice-procureur Bertrand Mitsounda qui a, par la force des choses, réclamé au tribunal de relaxer Paul Dolianki des charges qui pesaient sur lui.
En revanche, concernant Jontel Fedries, pour lequel Me Stanislas a brandi, à la demande de la présidente du tribunal, la preuve qu'il était inscrit au registre des métiers au moment des faits, le vice-procureur a réclamé six mois de prison avec sursis simple pour avoir employé des personnes en situation irrégulière pour effectuer les travaux dans la maison privée du maire d'Apatou.
Me Stanislas attend avec sérénité la décision des juges : « On a eu l'impression que c'est le trophée Dolianki, la tête à abattre pour ceux qui ont mené la procédure. C'est ce qui a causé l'emballement et toutes les erreurs de procédure. Nous demandons la relaxe de nos clients. Nous espérons que la justice, avec la sagesse et l'objectivité qui sont censées la caractériser, saura en tirer toutes les conséquences et prendre une bonne décision » .
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