La Verdure : l'électricité coupée sur le camp, une expulsion déguisée en "mise à l'abri"
L'opération de "mise à l'abri" telle que décrite par la préfecture prend de plus en plus des allures d'expulsion.
À quoi joue la préfecture de Guyane au camp de la Verdure ? Hier après-midi, la DGCOPOP (Direction générale de la cohésion des populations) assurait à France-Guyane et Guyane la 1ère qu'une opération de "mise à l'abri" des demandeurs d'asile était menée depuis mardi matin. Une solution de relogement a été proposée à 70-80 personnes, jugées vulnérables, sur les 150 occupants du camp situé sur un terrain privé de l'État.
Près de la moitié des personnes qui vivent sur le camp n'est donc pas concernée par un hébergement pour l'instant. "Nous travaillons pour la totalité des personnes qui sont sur le site", nous indiquait hier Sylvie Bernod, directrice générale de la DGCOPOP. Elle assurait que les personnes qui ne bénéficiaient pas d'un hébergement pourraient rester au camp de la Verdure le temps qu'une solution soit trouvée.
"Ils poussent les gens à bout"
Mais la version présentée par ce service étatique est aujourd'hui contredite par plusieurs témoignages. Ce jeudi matin, l'électricité sur le camp a été coupée, laissant de nombreux occupants dans l'incertitude. "Ils coupent le courant pour qu'on quitte le camp. Ils poussent les gens à bout, raconte Alireza Motevalian, réfugié iranien. Les gens utilisent les bougies, les téléphones ne peuvent pas charger. Nous n'avons bientôt plus de batterie pour alerter sur la situation", déplore-t-il.
Plusieurs personnes présentes sur le camp assurent que les forces de l'ordre leur ont signifié qu'elles devraient quitter le camp d'ici à vendredi. Une version loin de correspondre à celle présentée hier par la préfecture. D'après plusieurs témoignages concomitants, des enfants sont toujours sur le camp. Impossible de vérifier, les forces de l'ordre interdisent l'accès aux lieux pour les journalistes.
Destruction des abris
Pour beaucoup, l'opération est jugée brutale. "Ils nous imposent un départ vers un hébergement qui va coûter très cher au contribuable guyanais, alors que d'autres vont se retrouver avec rien. À la rue. Ils détruisent notre communauté," explique le réfugié iranien.
Tractopelle, abris détruits, coupure de courant... Étrange "mise à l'abri" menée par la préfecture.
Si elle réfute les termes d'expulsion et d'évacuation, l'opération qu'elle mène à la Verdure y ressemble, comme en témoignent les images que nous nous sommes procurés :
Contactée dans la matinée, la préfecture n'a pour le moment pas donné suite à nos sollicitations.
Par ailleurs, un ressortissant marocain, habitant dans le camp, qui a une demande d'asile en cours de traitement, selon la Cimade, a été transporté au centre de rétention administratif.

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