Huit communes doivent 3,9 millions aux pompiers
France-Antilles Téléchargez l'application France-Guyane Installer

La radio 100% Caraïbes

Huit communes doivent 3,9 millions aux pompiers

Sébastien ROSELÉ

Huit des vingt-deux communes n'ont pas réglé l'intégralité de ce qu'elles devaient aux pompiers en 2012. La situation devient préoccupante.

« Le service départemental d'incendie et de secours (Sdis) pourra être payé en février. Mais on ne sait pas comment il pourra l'être en mars. Ce qui va poser des problèmes pour régler les salaires. » Ce fonctionnaire estime la situation préoccupante. Comme chaque année, quelques communes jouent la montre en payant ce qu'elles doivent au titre de l'exercice 2013 en 2014. Un peu comme si un locataire payait tout ou partie de ses loyers l'année d'après. Le Sdis est bien obligé de faire avec. D'autant que les communes savent que même si elles ne payent pas, les pompiers interviendront quand même.
UN PROBLÈME QUI TRAÎNE
Mais le constat est là. Huit des vingt-deux communes du département doivent ensemble 3,9 millions d'euros aux pompiers (1). Pour certaines, il s'agit d'une partie des contributions de 2013 qui n'a pas été versée. Le reste à payer est en cours de résolution. Mais pour d'autres communes, c'est un problème qui traîne depuis des années.
Comme pour Roura, par exemple, qui doit 1,6 million d'euros. Le maire, David Riché, n'occulte pas le problème. « Ce n'est pas que je ne veux pas payer, c'est que je ne suis pas en capacité de le faire. » Le premier magistrat de cette commune sous tutelle rappelle qu'il a hérité, en prenant la mairie, d'un « déficit de 9,5 millions d'euros. Là, on est à 7,4 millions d'euros. » David Riché pointe du doigt un autre problème : le mode de calcul des contributions. « On paie plus que Macouria qui a une belle caserne. Et plus qu'Iracoubo. Je voudrais connaître la méthode de calcul. » Certaines communes rencontrent de grosses difficultés financières mais ce n'est pas le cas de toutes. Comme Saint-Georges, par exemple, qui a les fonds et pourtant n'a pas payé tout ce qu'elle devait. « C'est quand même embêtant parce que là, il y a les sous » , poursuit le fonctionnaire sous couvert d'anonymat.
L'administration chargée de collecter l'argent pour le reverser aux pompiers ne jette pas la pierre aux communes. D'abord, il y a la dotation globale de fonctionnement (DGF) qui n'est autre que l'argent que l'État verse aux villes pour fonctionner : elle est sous-dimentionnée pour la plupart des communes guyanaises, en plein boum démographique, et mériterait d'être réévaluée. Enfin, le contribuable est lui aussi visé : « Un contribuable sur deux ne paie pas sa taxe d'habitation ou sa taxe foncière. »
(1) Nous avons contacté tous les maires des communes concernées hier. Trois ont répondu ou nous ont rappelé : David Riché (Roura), Éric Rozé (Ouanary) et Patrick Lecante (Montsinéry-Tonnegrande). La réponse du maire de Roura est à lire ci-dessus. Les maires de Ouanary et Montsinéry expliquent qu'ils ont mandaté les paiements et que le problème se situe au niveau de la comptabilité. Ni le président des pompiers ni le directeur par intérim n'étaient joignables.
REPÈRES
- Le top huit des communes débitrices
1. Matoury : 1,7 million d'euros
2. Roura : 1,6 million
3. Kourou : 430 000 euros. Au début du mois, la cité spatiale devait encore 834 000 euros. Deux versements ont été faits au début du mois.
4. Saint-Georges : 99 900 euros
5. Awala-Yalimapo : 46 000 euros
6. Montsinéry-Tonnegrande : 27 000 euros
7. Camopi : 16 700 euros
8. Ouanary : 11 000 euros

Édition spéciale :
Rétro 2025

Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique

Voir la boutique

Suivez l'info en temps réel
sur l'appli France-Guyane!

Télécharger