En Guadeloupe, un sexagénaire a frôlé la mort faute de soins à domicile pendant le black-out
Ce n'est qu'un seul exemple. Mais le fait que nous allons vous relater, illustre sans aucun doute, les nombreux cas de souffrances qu'ont subis les patients hospitalisés à domicile, entre vendredi et samedi, au moment de cette fameuse coupure générale d'électricité.
Sans même un quelconque passage dévastateur d'un ouragan, certains patients ont angoissé plus de 24 heures, entre ce vendredi et ce samedi. Sans électricité à leur domicile où ils sont hospitalisés, ils ont eu peur de perdre leur vie faute de pouvoir suivre leur traitement en raison du black-out. Ce fut le cas pour celui que l'on surnommera Fabrice, 69 ans, atteint de sévères troubles et infections respiratoires. Alité et sous assistance d'oxygène en permanence, il doit par ailleurs, trois fois par jour, s'assurer une inhalation pour soigner une affection des bronches. Grâce à cette forme de traitement, les principes actifs pénètrent directement dans les voies respiratoires et les poumons, et peuvent y agir, sans influencer négativement l'ensemble de l'organisme ou le surcharger inutilement.
Seulement voilà, pour pouvoir il faut utiliser un inhalateur électrique. Du coup, au réveil vendredi matin, heureusement que Fabrice avait pu assurer sa première séance, avant le black-out. Par la suite, dès la mi-journée, sa saturation ayant une nouvelle fois baissée, il devait attendre que son beau-fils vienne s'occuper de lui. Il l'installait dans une chaise roulante, l'amenait s'assoir dans sa voiture, muni d'une bouteille d'oxygène ambulante. Direction un ami habitant à quelques kilomètres de là. Cette connaissance est la seule à disposer d'un groupe électrogène. Pendant un quart d'heure, se branchant au générateur d'électricité, Fabrice pouvait faire fonctionner son inhalateur. Il était reconduit chez lui, mais vendredi soir, bis repetita. Il lui fallait à nouveau refaire ce gymkhana pour retourner chez son bon samaritain, pour qu'il le dépanne à nouveau. Et surtout fasse en sorte que son état ne se dégrade pas !
Une vraie mise en danger de sa vie
Le fait d'exposer directement autrui à un risque immédiat de mort ou de blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente par la violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de prudence ou de sécurité imposée par la loi, constitue le délit de mise en danger de la vie d'autrui. C'est bien la prévention secondaire que la justice impute aux quinze personnes qui se sont introduites vendredi matin dans la salle de commande. Avec, comme délit principal la dégradation ou tout simplement le sabotage. Fabrice, comme certainement bien d'autres patients hospitalisés à domicile, ont bel et bien vécu cette mise en danger de leur propre vie. Comme l'énonçait le romancier Bruno Combes dans La part des anges : « Il faut du courage pour tenir debout lorsque la vie s'acharne. Il faut se persuader que le manque s'estompera. Il faut se forcer, résister et tenir debout ! ».

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