Condamnée à 3 000 euros d'amende pour injure publique
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Condamnée à 3 000 euros d'amende pour injure publique

Daniel SAINT-JEAN
Line Monlouis-Deva était déléguée régionale aux droits des femmes lorsqu'elle a tenu des propos injurieux à la sortie du tribunal des prud'hommes (photo d'archives)
Line Monlouis-Deva était déléguée régionale aux droits des femmes lorsqu'elle a tenu des propos injurieux à la sortie du tribunal des prud'hommes (photo d'archives)

L'ancienne déléguée régionale aux droits des femmes, Line Monlouis-Deva avait tenu des propos injurieux à la sortie du tribunal des prud'hommes.

Toute de blanc vêtue, Line Monlouis-Deva a comparu hier pour répondre d'« injures publiques envers un particulier en raison de sa race, de sa religion ou de son origine. » Il lui était reproché des propos tenus à l'encontre d'un ancien employé d'une association dont elle s'occupait avec son mari, Michel Monlouis-Deva, vice-président de la Région. Dans une interview parue dans l'hebdomadaire La Semaine Guyanaise le 24 mars 2011, puis diffusée sur le site Blada.com, elle faisait état de l'origine guyanienne de la victime dans des termes agressifs. Des propos qui ont eu une résonance particulière car elle était à l'époque au service de l'État, au cabinet du préfet, déléguée au droit de la femme. « Je n'ai jamais fait de déclaration au journaliste. À la sortie de l'audience, j'ai été poursuivie par ce monsieur. Ce fut un harcèlement. Il voulait absolument que je lui parle » , déclare la prévenue à la barre. Elle précise : « Je n'ai pas fait d'enregistrement. Ce n'est pas moi! »
La victime, qui connaît la prévenue depuis quinze ans, confirme que c'est bien elle. L'homme affirme aussi que ces propos lui ont porté préjudice dans son travail, qu'il a fait l'objet de moqueries. « Il n'est pas la seule victime. La douleur est encore plus grande pour moi après les articles et le site Blada » , répond aussitôt Line Monlouis-Deva.
Outre la victime des injures, la Ligue des droits de l'Homme s'est portée partie civile. « Elle récolte ce qu'elle a semé » , fait remarquer Me Virginie Fettler en écoutant les dires de la prévenue. Elle insiste sur toute la haine que traduit le terme de « salopard » . « Des propos racistes inconcevables dans une Guyane multiethnique » . 3 000 euros sont demandés pour le préjudice moral et l'euro symbolique pour la Ligue des droits de l'Homme. « Tenir de tels propos dans le pays des droits de l'Homme est inacceptable » , poursuit le procureur. Il est particulièrement choqué par le terme « reste » (« Il est devenu français mais il a des restes » ). Refusant la banalisation de tels propos par « une fonctionnaire de l'État chargée de défendre les autres » , il requiert une amende de 7 500 euros. Me Jean-Aimé M'Pika, pour la défense, invite « à ne pas faire de raccourci » . Il rappelle que sa cliente affirme n'avoir pas fait de déclaration à un micro. Il s'interroge sur l'expertise de la bande son, sur l'insistance du journaliste.
Finalement, Line Monlouis-Deva est reconnue coupable. Elle est condamnée à 3 000 euros d'amende. Elle devra verser 3 000 euros à la victime et 500 euros pour les frais de justice. Une condamnation qui figurera à son casier judiciaire. La demande de la Ligue des droits de l'homme est jugée irrecevable.

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