Cannabis, l'invincible : malgré la vague blanche, l'herbe règne toujours en France
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Cannabis, l'invincible : malgré la vague blanche, l'herbe règne toujours en France

Christophe VERGER
Le cannabis reste la drogue la plus consommée et la plus trafiquée dans l'Hexagone, malgré la forte croissance du marché de la cocaïne.
Le cannabis reste la drogue la plus consommée et la plus trafiquée dans l'Hexagone, malgré la forte croissance du marché de la cocaïne. • SHUTTERSTOCK

Malgré la forte hausse de la cocaïne, le cannabis reste de loin la drogue la plus vendue et consommée en France, représentant 92 % des usages et 78 % des affaires de trafic. C'est ce que révèle le service statistique du ministère de l'Intérieur dans un rapport publié le mercredi 3 décembre.

Selon le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), le cannabis demeure " le principal stupéfiant " en France, loin devant les autres substances. En 2024, il représente 92 % des usages de drogues et est au cœur de 78 % des affaires de trafic. Il s'agit principalement de résine de cannabis, impliquée dans plus de trois cas sur quatre. Viennent ensuite, dans l'ordre, la cocaïne, l'héroïne et l'ecstasy-MDMA. Les chiffres sont nets : l'an dernier, 52 300 personnes ont été mises en cause pour trafic de stupéfiants et 290 400 pour usage, des chiffres en hausse constante depuis 2016.

Les évolutions ne sont pas homogènes : le nombre de personnes mises en cause pour trafic de cocaïne ou d'ecstasy croît beaucoup plus fortement que celui pour le cannabis ou l'héroïne. La géographie du trafic est également très marquée : le cannabis domine en Île-de-France et dans les Bouches-du-Rhône, l'héroïne dans le nord et l'est, tandis que la cocaïne est particulièrement présente en Guyane, en Martinique, sur le littoral méditerranéen et dans l'agglomération parisienne. Les drogues de synthèse et le crack sont quant à eux concentrés à Paris.

Des consommateurs et trafiquants de plus en plus diversifiés

Le profil des personnes impliquées évolue. Pour le trafic de cannabis, l'âge médian est de 21 ans, avec 22 % de mineurs et plus des trois quarts ont moins de 30 ans. Toutefois, les autorités constatent une diversification des profils de trafiquants, comme le souligne aussi l'Observatoire français des drogues (OFDT) dans un rapport récent. On voit apparaître des " autoentrepreneurs " du trafic, de petites équipes de deux ou trois personnes, et des profils plus âgés, quadragénaires, quinquagénaires, voire retraités pour échapper aux contrôles. Les femmes, bien que sous-représentées, sont proportionnellement plus impliquées dans le trafic de kétamine ou d'amphétamines.

Les étrangers surreprésentés, notamment pour le crack

Les étrangers, qui constituent 8 % de la population, représentent 22 % des mis en cause pour trafic et 12 % pour usage. Ils sont particulièrement surreprésentés dans les affaires liées au crack, où ils constituent près de la moitié des personnes interpellées. Pour prospérer, le trafic s'adapte constamment. Après la coopération accrue de Telegram avec la justice française en septembre 2024, qui a entraîné la fermeture de nombreux comptes de trafiquants, ces derniers ont massivement migré vers d'autres messageries cryptées pour sécuriser leurs échanges. Cette agilité rend la lutte d'autant plus complexe, au point que les autorités qualifient désormais le narcotrafic de " menace au moins équivalente à celle du terrorisme ".

Face à un trafic qui se diversifie, se numérise et recrute des profils de plus en plus variés, les chiffres du ministère de l'Intérieur confirment l'ampleur et la persistance du phénomène en France, avec le cannabis comme colonne vertébrale d'un marché en constante mutation.

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