Airbags Takata : la députée réunionnaise Karine Lebon exige une réaction immédiate et équitable pour les Outre-mer
Citroën demande l'immobilisation en Europe de toutes les C3 et DS3 concernées par un rappel. La députée Karine Lebon réclame que cette mesure s’applique aussi sans délai aux territoires ultramarins.
Le 11 juin dernier à Reims (Marne), une Citroën C3 équipée d’un airbag Takata a explosé, causant le décès d’une femme de 37 ans et blessant sa fille de 14 ans – un nouveau drame qui met en lumière le danger toujours présent et méconnu de ces composants défectueux.
Ce tragique événement intervient quelques semaines après un décès en Guadeloupe en mars. Selon les données officielles, les airbags Takata sont à l’origine d’au moins trente accidents graves en France, dont onze morts en Outre-mer et un en métropole.
Mardi, Citroën a ordonné l’immobilisation immédiate de toutes les Citroën C3 et DS3 concernées, quel que soit leur millésime, en Europe. Xavier Chardon, directeur de Citroën, a déclaré à l’AFP que les véhicules étaient désormais en « stop drive » pour accélérer leur réparation aussi bien sur les modèles anciens que récents. En France, cela concerne plus de 82 000 véhicules.
Plus tôt dans la journée, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, avait déjà réclamé l’arrêt immédiat de la circulation pour toutes les C3 et DS3 faisant l’objet du rappel, y compris les modèles jusqu’à 2019. Cette décision s’aligne sur les rappels initiés dès avril 2024 dans le Sud de la France et de l’Europe.
Pour la députée réunionnaise Karine Lebon, cette décision arrive malheureusement dans la douleur. Dans un communiqué publié face à ce drame, elle critique la nonchalance des mesures jusqu’à présent en Outre‑mer :
« Il aura fallu ce nouveau décès en métropole pour que les autorités décident enfin d’agir. Nos territoires ultramarins ne peuvent plus être traités en zone de seconde zone sanitaire. »
Elle réclame que l’ensemble du parc concerné soit pris en charge rapidement et sans condition, avec un accès facilité aux rendez-vous de réparation, ainsi que des solutions de mobilité temporaire pour les automobilistes forcés d’immobiliser leur véhicule.
Selon Stellantis, plus de 690 000 Citroën C3 et DS3 sont concernées par ce rappel : environ 481 000 ont déjà été traitées, soit 69,7 %. Cela laisse près de 210 000 véhicules toujours en circulation avec un risque avéré – une situation “inacceptable” selon Karine Lebon, qui avertit que des vies sont encore en jeu, notamment Outre-mer.
Citroën avait initialement ciblé en février les véhicules entre 2008 et 2013, et, dès mai, les modèles immatriculés de 2014 à 2019 ont reçu des notifications, mais sans pour autant interdire leur usage —une mesure désormais rectifiée.
Citroën s’est dit « à la disposition des pouvoirs publics » et collabore avec le ministère. Reste à voir si cette obligation d’immobilisation sera respectée efficacement dans les territoires ultramarins, où les défis logistiques et d’information augmentent la complexité de cette opération de sécurité.

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