Airbags dangereux : l'État et les concessionnaires intensifient leurs actions en Guyane
Plus de 7 000 véhicules équipés des airbags défectueux Takata doivent encore être retrouvés en Guyane
La sensibilisation aux risques liés aux airbags Takata s'accélère en Guyane. Les forces de l'ordre ont mené une opération de contrôle à Cayenne, Rémire-Montjoly et Saint-Laurent ce 1er août. "Ah ouai c'est vrai, j'ai entendu parler de cela, il faut que je le fasse", répond un conducteur de Nissan à un policier. "Il faut le changer, c'est pour votre sécurité monsieur", lui indique l'agent. Un autre conducteur de Toyota explique : "J'ai acheté le véhicule à quelqu'un, je ne sais pas s'il a changé l'airbag."
Avec le numéro de série et la plaque d'immatriculation, les policiers peuvent vérifier si le véhicule est concerné. "On a eu quelques personnes qui ont déjà fait le changement, mais on a surtout beaucoup de gens qui savent, mais qui oublient. Ils sont négligents", affirme un autre policier.
"Le changement prend en moyenne une demi-heure"
"C'est de la sensibilisation forcée, car il y a de gros enjeux. On oriente les usagers vers les constructeurs. On rappelle aussi que l'opération est gratuite et rapide", précise Philippe Baroux, chef du bureau sécurité routière à la préfecture de Guyane.
"Le changement prend en moyenne une demi-heure", confirme Paul Grève, directeur de projet Takata du groupe de concessionnaires Citadelle.
Plus de 7000 véhicules encore concernés en Guyane
Plus de 7 000 véhicules dans le parc automobile guyanais sont encore équipés de ces airbags à risque. Ils ont provoqué le décès de 16 personnes et blessé 24 autres personnes dans les Outre-mer, selon le ministère des Transports. En Guyane, on attribue deux décès à ces airbags. "Compte tenu du climat tropical chaud et humide dans les départements d'outre-mer, les véhicules y circulant sont plus exposés à ce risque lié au vieillissement et à la dégradation de ces airbags", affirme la préfecture.
Malgré les courriers envoyés, les campagnes de publicité, et les annonces sur les réseaux, seuls 40 % des véhicules concernés ont fait le changement auprès des concessionnaires. "Puisque les gens ne répondent pas et ne viennent pas à nous, on doit aller par tous les moyens vers eux. Il faut voir les voitures directement pour cela", affirme Myriam Jacques, directrice de Guyane Automobile et présidente du Syndicat des professionnels de l'automobile de Guyane.
"On change l'airbag et c'est tout"
Les gérants des concessions automobiles participent justement à l'opération du jour. Ils interpellent les conducteurs qui entrent sur le parking de l'Hyper U. Là aussi, ils vérifient si le changement a déjà été réalisé. "Le problème ce sont les véhicules revendus, on a parfois du mal à retrouver les adresses des gens", indique Myriam Jacques. "Certaines personnes ont peur de venir. Le rythme de changement est devenu trop faible récemment", poursuit Philippe Delunsch, président de Somasco. Les constructeurs affirment vouloir redoubler d'efforts pour retrouver les véhicules restants.
Ils se veulent aussi rassurants : "On a pour règle de ne pas poser de questions. On change l'airbag et c'est tout. On ne regarde pas si le véhicule est en règle", ajoute Paul Grève.
Assez d'airbags en stock
Les concessionnaires présents sur le territoire disent avoir assez d'airbags en stocks. C'est d'ailleurs pour cela que la nouvelle décision gouvernementale d'imposer les constructeurs à prêter des véhicules de remplacement en cas d'attente n'a pas vocation à être appliquée en Guyane.
Un nouvel arrêté préfectoral impose aussi aux contrôleurs techniques de vérifier si les véhicules sont équipés d'un airbag Takata. "Si c'est le cas, ils doivent informer au plus vite le propriétaire du véhicule du risque et de la nécessité du remplacement de l'airbag. Les gérants devront également transmettre l'information à l'importateur concerné dans un délai de deux jours", indiquent les services de l'État en Guyane.
Les concessionnaires poursuivent leur opération jusqu'à demain sur le parking de la grande surface. Les airbags peuvent être changés sur ou même sans rendez-vous.
A RETENIR
Un numéro d'information a été mis en place en Guyane. Il redirige vers les constructeurs du territoire. Contactez le 0594399290
• Si votre véhicule a été construit entre 1998 et 2019 : vérifiez vos courriers ou contactez-le constructeur pour vérifier si vous êtes concerné (retrouvez les contacts des constructeurs sur https://www.ecologie.gouv.fr/rappel-airbag-takata)
• Si oui, contactez au plus vite un réparateur/garagiste de la marque de votre véhicule pour effectuer le changement d'airbags ;
• La réparation est gratuite et rapide (immobilisation du véhicule inférieure à une demi-journée).

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