L'eau, une ressource précieuse mais fragile sur le territoire
Malgré l'abondance de la ressource en saison des pluies, l’accès, la qualité et la disponibilité de l’eau restent précaires pour de nombreux Guyanais.
Organisée par l'Unesco, la journée mondiale de l'eau a lieu chaque année le 22 mars. L'objectif est d'attirer l'attention sur l'importance de l'eau douce et de plaider en faveur d'une gestion durable de cette ressource.
Sur le territoire guyanais, l'eau, bien qu'abondante, demeure une ressource fragile en termes d'accessibilité, de qualité et de disponibilité.
En langue arawak, "Guiana" signifie "terre d'eaux abondantes". Cette nomination, particulièrement valable en saison des pluies, a été largement contredite au cours des derniers mois de l'année 2024. La sécheresse a frappé une grande partie du territoire, avec un impact conséquent dans les communes isolées.
Entre le 29 octobre et le 19 décembre, l'État a déclenché le plan Orsec. Le dispositif d'urgence visait à garantir la sécurité sanitaire de la population et à assurer la continuité de l'approvisionnement de biens de première nécessité dans les communes affectées.
La sécheresse a également impacté la potabilité de l'eau. Avec la baisse du niveau des fleuves, le biseau salin a atteint certaines stations de captage, rendant parfois l'eau impropre à la consommation. La commune de Saint-Laurent et certains secteurs de Matoury ont été touchés par le phénomène.
Sur le territoire, l'accès à l'eau progresse, mais demeure incomplet. D'après les chiffres de la CACL, 10% de ses habitants ont un accès incomplet à l'eau. "Pour atteindre les 100% et garantir une eau de qualité à tous ses habitants, la CACL continue d'étendre son réseau d'adduction et ses dispositifs d'accompagnement", indique la CACL.
À Maripasoula, des coupures d'eau potable interviennent régulièrement depuis le mois de décembre. Depuis le 10 mars, la qualité de l'eau et le débit sont « gravement dégradés » d'après Jonathan Abienso. Habitant de la commune et néo-candidat pour les municipales de 2026 (lire page 13), il a interpellé le maire dans une lettre ouverte. Il enjoint l'édile à saisir l'ARS, à mettre en demeure la SGDE de garantir une distribution de l'eau conforme aux normes, et de communiquer sur les perturbations.
Des concentrations en aluminium largement supérieures aux normes de l'OMS sont mesurées dans plusieurs communes du territoire. C'est le cas pour l'île de Cayenne, alimentée par la station de captage de la comté.
À Saint-Georges, la concentration en aluminium a explosé en mai 2024, avec un taux près de 50 fois supérieur à la référence de qualité de l'OMS. Mise en demeure par l'ARS en juin 2024, la commune doit faire baisser ses concentrations, sous peine de risque de sanctions administratives et pénales. Mais elles restent élevées, avec des taux 5 fois supérieurs au mois de janvier, date du dernier relevé disponible.

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