Érosion côtière : mutualiser les politiques publiques pour lutter avec efficacité
France-Antilles Téléchargez l'application France-Guyane Installer

La radio 100% Caraïbes

Érosion côtière : mutualiser les politiques publiques pour lutter avec efficacité

La rédaction
Marcellin Nadeau et Mereana Reid-Arbelot préconisent notamment la création d'un fonds d'érosion côtière.
Marcellin Nadeau et Mereana Reid-Arbelot préconisent notamment la création d'un fonds d'érosion côtière. • B.L.

Le député Marcellin Nadeau et la parlementaire polynésienne Mereana Reid-Arbelot, de la Gauche démocrate et républicaine-Nupes, ont déposé une proposition de résolution parlementaire destinée à adapter et mutualiser les politiques publiques face au dérèglement climatique, notamment à destination des villes côtières et insulaires.

Le principal objectif de cette proposition est de lutter contre l'érosion côtière des territoires ultramarins mais aussi des littoraux de la France hexagonale. En effet, les villes côtières et insulaires sont particulièrement concernées par les conséquences du changement climatique accéléré. En Martinique, en Polynésie française comme en Seine-Maritime, à Oléron, ou aux Sables d'Olonne et en Camargue, certaines zones sont menacées de submersion, phénomène qui a parfois déjà commencé. En Polynésie, en effet, des atolls disparaissent faisant apparaître les premiers migrants climatiques. Sur notre île, au Prêcheur, le trait de côte a reculé de plus de 100 mètres en moins de 50 ans. Ancien maire du Prêcheur, Marcellin Nadeau a initié dans cette commune un programme de protection du bourg et de relocalisation urbaine.

« Le dérèglement climatique crée une urgence et un risque majeur », ne cesse de rappeler l'élu. La commission du développement durable et de l'aménagement du territoire de l'Assemblée nationale, à laquelle il appartient, lui a confié en 2023 la responsabilité d'un rapport budgétaire sur la question de « la prévention des risques majeurs », à l'occasion de l'étude de la dernière loi de finances pour 2024.          

Des visites de terrain, de nombreuses auditions s'en sont suivies et se sont conclues par un constat dramatique. Alors que les territoires littoraux, les communes insulaires et côtières se mobilisent sur les enjeux relatifs au recul du trait de côte, « force est de reconnaître qu'au-delà des discours sur la priorité à donner à l'adaptation climatique par le gouvernement, les lacunes sont immenses », indique le député, « et celles-ci ne font, en fait, pas l'objet d'un programme dédié, global et cohérent dans le budget de l'État ».

En effet, une quinzaine de programmes et d'actions mobilisent des financements pour l'aménagement du territoire et la préservation des espaces naturels, comme le « Fonds vert » ou le plan « France 2030 », mais ces politiques ne s'inscrivent pas dans la définition d'une politique publique globale pour faire face au dérèglement climatique.

Éviter le saupoudrage des moyens et des financements

Ainsi, le texte de la proposition de résolution de Marcellin Nadeau et de Mereana Reid-Arbelot, auxquels se sont joints unanimement les députés du groupe parlementaire GDR, devrait être présenté en discussion en séance publique, à l'Assemblée nationale, dans le cadre de la niche du groupe parlementaire de la Gauche démocrate et républicaine ce jeudi 30 mai.

Celui-ci demande de planifier d'urgence sur le long terme des réponses adaptées aux contextes locaux et surtout, d'inscrire le plan national d'adaptation au changement climatique dans un chapitre de la prochaine loi de programmation pluriannuelle énergie-climat.

L'adaptation aux effets des changements climatiques concerne de multiples secteurs et l'absence de mutualisation de la gestion des risques est aussi un facteur d'accélération et de multiplication des risques. Ainsi, pour éviter un saupoudrage des moyens et des financements, et pour être au niveau des enjeux fondamentaux, qui sont ceux de l'adaptation de nos territoires et de nos populations au changement climatique, les auteurs de la proposition suggèrent une mutualisation et une adaptation des politiques publiques, ainsi qu'un développement de nouvelles façons de produire, de partager et de consommer. Dans ce but, et pour ne pas laisser les communes seules face à la gestion des risques naturels, qui impose des mesures drastiques, y compris de relocalisation et de migration des populations, Marcellin Nadeau et Mereana Reid-Arbelot préconisent la création d'un fonds d'érosion côtière ainsi qu'une mutualisation des connaissances et de la gestion des risques majeurs regroupant les divers organismes intervenant en la matière. Il leur paraît urgent de « définir une vision intégrée des différents risques sur un même territoire, qui débouche sur une politique de gestion et d'aménagement cohérente et globale ».      

Édition spéciale :
Rétro 2025

Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique

Voir la boutique

Suivez l'info en temps réel
sur l'appli France-Guyane!

Télécharger