Guyane connectée : Une transition apaisée vers le collège pour les écoliers isolés
Depuis la rentrée 2023, le collège de Maripasoula s'est doté d'une classe de 6e presque entièrement virtuelle. Depuis les villages isolés, les jeunes collégiens, découvrent l'enseignement secondaire en maintenant le lien familial.
Ils sont trente-six dans la classe de 6e de M. Rance. Pourtant, seuls six d'entre eux sont effectivement assis devant le professeur. Où se trouvent les trente autres ?
Ce n'est pourtant pas le début d'un problème de maths. Chaque jour, trente élèves issus des écarts amérindiens se rendent au collège Gran-Man-Difou à Maripasoula, depuis une salle spécialement équipée pour que ceux-ci étudient à distance dans les meilleures conditions.
Situées à Antecum-Pata, à Kayodé et à Talwen, ces salles de classe bénéficient toutes d'une liaison satellite entièrement dédiée et d'un logiciel sur-mesure pour suivre les cours. « Tous les élèves sont pourvus d'une tablette », explique Daniel Baduel, référent technique du projet Guyane connectée.
Pallier un mal-être
« L'objectif est de familiariser les enfants avec l'environnement du collège. Ce projet est venu d'une demande des parents », rembobine Claude Rivier, principal adjoint. Le passage de la vie quotidienne dans les écarts en famille à la routine en internat dès l'âge de onze ans peut être effectivement vécu comme « un mal-être » chez certains, à en croire l'expérience d'Alexis Rance.
Pour le professeur principal et enseignant en histoire-géographique de cette classe peu commune, si les interactions à distance restent plus complexes qu'en présentiel, l'aisance des élèves avec les technologies recourues constitue un gros avantage. « Ils connaissent mieux certains outils que moi », admet Alexis Rance. « [L'équipe enseignante] a souhaité garder une partie des élèves de la classe en présentiel parce que c'était bizarre de faire cours sans personne en face de nous. »
La présence d'accompagnatrices pédagogiques permet aux professeurs d'avoir des relais sur place. « Ce sont des femmes issues des écarts, elles sont plus familiarisées que nous avec les réalités des enfants », rapporte Claude Rivier. Ainsi, elles peuvent expliquer dans la langue maternelle de l'enfant un exercice ou rapporter les difficultés de l'élève.
Des améliorations restent encore à apporter sur les logiciels, conçus par la start-up marseillaise Kalyzée, mais aussi dans l'organisation-même des classes.
« Je suis extrêmement content de ce dispositif », se félicite néanmoins le recteur Philippe Dulbecco. « Une classe de 5e devrait voir le jour et le dispositif sera étendu aux communes de Camopi et Grand-Santi dès la rentrée prochaine. » De quoi se rapprocher un peu plus de l'objectif visé initialement : « combler les écarts ».

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