Rassemblement important de parents d'élèves dans l'enceinte du collège Auguste-Dédé
Les personnes mobilisées sont venues soutenir la communauté éducative et la directrice de l'établissement
De nombreux parents d'élèves se sont rassemblés au collège Auguste-Dédé ce vendredi matin. Rejoints par des élus, des citoyens et la communauté éducative, les personnes mobilisés demandent des sanctions à l'encontre du couple de policiers qui aurait fait pression contre la direction de l'établissement et défendu leur enfant, en classe de 5e, qui aurait tenu des propos racistes.
Sophia Louis, parent et ancienne élève de l'établissement, prend la parole devant plusieurs centaines de personnes : "Nous disons non au racisme, non à l'injustice et on demande que des sanctions fermes soient prises. [...] Tout professionnel a le droit d'exercer son activité en toute sérénité. Auguste Dédé porte une problématique qui concerne l'ensemble des établissements scolaire et toute la Guyane."
"Le problème, c'est avant tout l'abus de pouvoir des parents"
"Il faut que le corps enseignant se sente soutenu", affirme un parent d'élève du lycée Lama-Prévot. "Cette affaire est un problème d'irrespect. Il faut respecter cette profession. Les propos racistes ne doivent pas être tolérés."
Nous invitons les parents à réagir sur le fait que l'élève qui aurait tenu les propos racistes se serait lui-même fait insulter d'abord : "Le problème, c'est avant tout l'abus de pouvoir des parents. C'est intolérable de menacer quelqu'un de la sorte, surtout en tant que policier. L'enfant n'a fait que reproduire le comportement des parents", explique un autre parent d'élève de Lama-Prévot
Karl Buzare, parent d'élève à Auguste-Dédé indique : "Ce n'est pas l'enfant que je condamne le plus. C'est le comportement des parents. Ce que le jeune a exprimé reflète ce qui se dit au sein du foyer... Blanc comme noir, il faut que l'enfant puisse étudier en toute sérénité et avec d'autres choses à l'esprit que le racisme."
"On a besoin du soutien des parents"
Fanta Robo, prend la parole pour les enseignants de l'établissement : "on s'est souvent senti seuls. On a besoin du soutien des parents. Nous vous remercions pour votre soutien. Cette histoire-là a commencé au mois de juin, il y a eu plein d'histoires avant où nous n'avons jamais eu de réponses. Ce qui est arrivé ici est arrivé dans plein d'autres établissements, mais avait été passé sous silence."
Karl Buzaré, poursuit : "Si un enseignant ne peut pas remplir sa fonction en toute sérénité, ça ne va pas. Au-delà de ça, les propos racistes sont à bannir et je regrette le comportement des parents qui n'ont pas su expliquer à l'enfant ce qu'est le respect. Que la directrice soit traitée de la sorte alors qu'elle a juste essayé de remplir ses fonctions, je trouve cela inadmissible."
Les enquêtes se poursuivent
Deux plaintes ont été déposées par les parents policiers, dont une pour harcèlement à l'encontre de Roseline Salpétrier, la directrice de l'établissement. La procureure de la République, Aline Clérot, affirme : "Un premier incident avait été signalé par la direction du collège en avril 2025 relatif au comportement de l’un des deux parents à l’égard d’un membre des services administratifs de l’établissement. L’enquête sur ces faits demeure en cours."
Le Rectorat affirmait plus tôt dans la semaine que : "Si les faits parentaux sont avérés, l'enquête étant en cours, l'autorité académique prendra ses responsabilités, y compris par le dépôt d'une plainte." La direction territoriale de la police nationale ne donne pas beaucoup de détails, mais affirme qu'une "enquête administrative et judiciaire est en cours. Si des comportements pas en conformité sont avérés, des sanctions seront prises."
D'après nos informations, les deux parents travaillent à la police aux frontières. La mère aurait déjà eu des problèmes pour des propos déplacés dans un précédent service et serait arrivée en Guyane par un vol bleu (nom donné à une mutation anticipée d'un agent à la suite d'une faute grave, NDLR), nous affirment deux sources proches du dossier.
Discours improvisé des parents aux élèves
Pendant la récréation, les parents d'élèves ont décidé, sans l'accord de l'établissement et des enseignants, de faire un discours aux élèves dans le gymnase.
Les élèves ont dû écouter les parents pendant plusieurs dizaines de minutes. Certains enseignants mécontents ont qualifié cela d'ingérence.

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