En Martinique: une collégienne harcelée menace de se tuer
Martinique

En Martinique: une collégienne harcelée menace de se tuer

Manifestation contre le harcèlement scolaire devant le collège Belle Etoile de Saint-Joseph
Manifestation contre le harcèlement scolaire devant le collège Belle Etoile de Saint-Joseph • CYNTHIA ROUSSI-SABAS

C'est par une vidéo émouvante que Maurana, en 3e Segpa au collège Belle Étoile de Saint-Joseph a dénoncé le harcèlement qu'elle subit  de la part de ses camarades de classe depuis la 6e. Une manifestation « blanche » de soutien à sa famille était organisée, hier matin, devant le collège. Mais la tension monte et un groupe fait irruption dans l'établissement. Finalement, la mère a été reçue par direction de l'établissement et la cellule dédiée du rectorat.

La tension était palpable lundi matin aux abords du collège Belle-Étoile de Saint-Joseph. Autour de Corinne Chroné, la maman de la jeune Maurana que la Martinique a découvert via une vidéo qu'a publié la jeune fille vendredi soir. Maurana a brisé le silence pour dénoncer le harcèlement qu'elle subit depuis  la sixième. Ce lundi matin, elle n'est pas présente aux côtés de sa mère. Elle est en arrêt pour deux semaines pour se refaire. Alors sa mère, Corinne, est là. « Ce n'est pas évident, je dois tenir par rapport à Maurana. Je veux qu'elle sache que sa mère ne l'abandonne pas, je suis debout derrière elle. Maurana m'a dit qu'elle se faisait harceler depuis la sixième. J'ai porté plainte en 2021, quand elle était en cinquième. J'ai demandé à plusieurs reprises qu'ils l'aident, qu'ils règlent le problème. » Dans l'assemblée, la colère monte. Plusieurs parents interviennent pour témoigner de situations de harcèlement que leurs enfants ont également vécu dans d'autres établissements.

« Je veux obtenir réparation »

L'un deux encourage la maman de Maurana, car elle a bataillé pour se faire entendre. « C'est un combat que nous avons mené pendant deux ans à faire des allers-retours entre notre domicile et le collège du Gros-Morne. On m'a envoyé les médiateurs du rectorat lorsque que j'ai tapé du poing . Ensuite nous avons été accompagnés pour que le nécessaire soit fait. »  Pour Corinne Chroné, la réalité est tout autre. « Ils ont dit qu'ils avaient mis quelque chose au programme pour aider Maurana. Mais si quelque chose avait été fait, on n'en serait pas là maintenant. Des élèves de sa classe lui disaient qu'elle sent mauvais. Elle recevait des critiques par rapport à sa tenue vestimentaire, par rapport à ses cheveux, son apparence physique... Sa sexualité a été aussi mise à mal. Tout ce que je veux c'est que tout cela cesse. C'est une enfant qui travaille bien, qui est épanouie et qui ne demande qu'à être heureuse. J'irai en justice, je veux obtenir réparation. Trop d'enfants se font harceler à Saint-Joseph. »

Morana, a publié une vidéo pour dénoncer le harcèlement qu'elle subit depuis la 6eme..
Morana, a publié une vidéo pour dénoncer le harcèlement qu'elle subit depuis la 6eme.. • Cynthia Roussi-Sabas

Le rectorat propose un dispositif renforcé

"Quand la vidéo a été diffusée sur les réseaux vendredi soir, le directeur de Segpa et les enseignants ont tout de suite appelé la famille et l'élève le vendredi soir. Samedi la famille, le père, la mère et l'enfant ont été reçus par l'équipe de direction et d'autres adultes responsables de la classe de Morana pour mettre en place des actions. Ces actions ont été proposées à la famille qui les a acceptées. Dès le lundi, il était prévu que Morana soit prise en charge à la fois par la psychologue de l'Éducation nationale, l'infirmière et l'assistante sociale pour un débriefing et un travail avec la classe en parallèle pour que les choses soient mises à plat avec les autres élèves", explique Guylaine Honoré, CTEVS du rectorat. Cette prise en charge est encadrée par le dispositif pHARe, Programme de lutte contre le harcèlement à l'école. "La vidéo étant très alarmante nous avons été soucieux de rassurer la famille et de faire en sorte que le bien-être de l'élève soit assuré et qu'on lui assure notre soutien", ajoute Mireille Ventura, la principale du collège. À ce titre, l'équipe du collège indique qu'elle avait commencé un travail avec Morana. "Il y a  eu un suivi puisque dès la rentrée les enseignants ont alerté l'assistante sociale et la psychologue.  Morana a été reçue e raison de son mal-être par l'infirmière, l'assistante sociale et le psychologue. Deux procédures : une judiciaire qui ne nous concerne pas et une procédure au sein de l'établissement. Les investigations se poursuivent et la principale a des actions à mener dans le cadre du protocole pHARe", précise Guylaine Honoré.

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