Repas à 1 euro : tous les étudiants pourront manger au Crous dès ce lundi
À partir de ce lundi 4 mai, fini le deux-vitesses dans les restaurants du Crous. Boursiers ou non, tous les étudiants pourront désormais déjeuner pour 1 euro. Une mesure de justice sociale très attendue, mais qui suscite une inquiétude de taille : les Crous, parfois déjà saturés, parviendront-ils à absorber une hausse de la fréquentation ?
Jusqu’à présent, le tarif social à 1 euro était réservé aux étudiants boursiers ou en situation de précarité. Les autres devaient payer environ 3,30 euros leur repas. À partir de ce lundi 4 mai, plus de distinction. Tous les étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur pourront bénéficier du repas à 1 euro dans l’ensemble des restaurants universitaires du réseau Crous, ainsi que dans certaines cafétérias. Cette généralisation concerne plus de 3 millions d’étudiants à l’échelle nationale. Aucune démarche particulière n’est demandée. Les étudiants doivent simplement être inscrits dans un établissement d’enseignement supérieur et régler leur repas avec leur compte étudiant, notamment via l’application Izly. Un système déjà rodé, mais qui va devoir encaisser un afflux massif de nouveaux usagers.
Le contexte : une urgence sociale
Derrière cette mesure, une réalité : la précarité étudiante n’a jamais été aussi préoccupante. Entre l’inflation, la hausse des loyers et les difficultés à trouver des petits boulots, de nombreux jeunes peinent à se nourrir correctement. L’accès à une alimentation équilibrée est souvent le premier poste de budget sacrifié. Les syndicats étudiants réclamaient depuis longtemps cette généralisation. C’était aussi une promesse de Sébastien Lecornu lors des négociations sur le budget. Promesse tenue.
Mais le soulagement laisse vite place à l’inquiétude. Les restaurants universitaires sont parfois déjà saturés aux heures de pointe. Les files d’attente, les rotations rapides, le bruit, le stress : la qualité d’accueil pourrait se dégrader. Le gouvernement a chiffré l’augmentation de fréquentation à 12,5 %. Une hausse considérable. Pour y faire face, une enveloppe de 50 millions d’euros a été débloquée. Sur cette somme, 35 millions serviront à compenser la perte de recettes liée à la baisse du prix des repas. Le reste sera consacré à l’organisation et à l’adaptation des sites. Concrètement, 204 personnes ont été recrutées, réparties entre les différents restaurants universitaires. De quoi renforcer les équipes, mais pas suffisant, selon les syndicats.
Les syndicats montent au créneau
Pour l’Union étudiante, ces moyens sont très insuffisants. Le syndicat estime qu’il faudrait une rallonge dix fois plus importante pour que cette généralisation se déroule dans les meilleures conditions. Crainte de la saturation des sites, manque de personnel, risque de dégradation de la qualité des repas : les organisations étudiantes appellent à la vigilance. Elles rappellent que les étudiants les plus précaires, ceux qui fréquentaient déjà les RU avant cette mesure, ne doivent pas être pénalisés par l’afflux de nouveaux usagers.
Dès ce lundi 4 mai, les restaurants universitaires vont vivre leur premier jour de « repas à 1 euro pour tous ». Ce sera le test grandeur nature. Files d’attente, gestion des flux, qualité des repas, charge de travail des équipes : tout sera scruté. Les étudiants, eux, retiennent leur souffle. Et espèrent que la mesure ne se transformera pas en usine à gaz. Car dans l’assiette comme dans l’organisation, l’enjeu est de taille. 3 millions de jeunes y comptent bien.

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