Une étude pour majorer le SMIC de 20 % Outre-mer
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SOCIETE

Une étude pour majorer le SMIC de 20 % Outre-mer

FXG, à Paris

Olivier Sudrie, professeur d’économie à Paris-Saclay, a réalisé pour le compte du think tank « République et développement Outre-mer » (R&DOM) une étude visant à chiffrer le coût et à mesurer les bénéfices d’un salaire minimum majoré de 20 % dans les Outre-mer.

 Partant du principe que plus de 50 % des Guyanais vivent en-dessous du seuil de pauvreté et quelque 30 % des Antillais (contre 14 % dans l’Hexagone), que le salaire médian dans nos territoires est inférieur de 200 à 400 euros à celui de l’Hexagone, R&DOM a lancé l’idée d’un « SMIC de rattrapage ».

« Puisqu’aucun des candidats ne propose de remettre en cause la sur-rémunération des fonctionnaires, explique Max Dubois, le président de R&DOM, le salaire sur-rémunéré est la base ; les autres sont sous-rémunérés. »

Au-delà du problème d’équité que cela pose, cela participe à rendre le travail peut attractif pour les gens qui travaillent au SMIC, soit 1270 euros, un salaire insuffisant pour vivre dans nos territoires compte tenu de la cherté de la vie. L’équation qui a été posée à Olivier Sudrie, par ailleurs associé fondateur du cabinet DME est la suivante : est-il possible de créer un SMIC outre-mer de 20 % supérieur à celui de l’Hexagone, combien ça coûte et à qui ?

Un tel SMIC concernerait dans les quatre DOM 250 000 bénéficiaires, soit 80 des salariés. Tous les salariés étant rémunérés jusqu’à 1,3 SMIC verraient leur salaire mensuel augmenter de 220 euros. Au-delà de 1,3 SMIC et jusqu’à 2,5 SMIC, la majoration serait dégressive avec une moyenne de 160 euros par mois. Cette mesure coûterait 470 millions par ans, soit 2,3 % de l’effort budgétaire global de l’État dans les Outre-mer, soit encore 50 % du coût de la sur-rémunération des fonctionnaires d’État (950 millions d’euros) ou l’équivalent du coût de la sur-rémunération de la fonction publique territoriale.

Selon Olivier Sudrie, cette majoration de 160 à 220 euros boosterait la consommation des ménages et contribuerait à tonifier les économies. Il évalue la hausse de la consommation à 1,6 %, soit 720 millions, l’effet sur la valeur ajoutée des entreprises à + 480 millions, soit une hausse de 12 %. Il évalue encore que cette mesure permettrait de créer ou conforter 4000 emplois, soit 0,5 % de l’emploi total. Sans parler de la réduction des écarts de richesse entre les 10 % les plus riches et les 10 % les plus pauvre qui atteindrait les 15 %.

« Puisqu’aucun des candidats ne propose de remettre en cause la sur-rémunération des fonctionnaires, explique Max Dubois, le président de R&DOM, le salaire sur-rémunéré est la base ; les autres sont sous-rémunérés. »

Cela ne soulève-t’il pas un risque inflationniste ? Cela ne contribuerait-il pas à renforcer la fameuse « pwofitasyion » ? C’est le rôle des observatoires des prix, des revenus et des marges à qui il reviendrait de comparer l’augmentation des prix à l’importation et celle des prix intérieur avec à la clé une sanction pour ceux qui voudraient capter la manne ainsi offerte.

L’étude est bien entendu mise à la disposition des douze candidats à la présidentielle. Elle est a priori séduisante, mais elle ne règle pas le problème de base des Outre-mer qui est celui d’une cherté de la vie assise sur une économie d’importation et de transferts sociaux et non de production.