La case 11 renfermera des informations sur la vie de la population Saint-Laurentaise (DR)
Des travaux sont en cours au camp de la Transportation. Ses murs abriteront d'ici la fin de l'année un Centre d'interprétation de l'architecture et du patrimoine. Le premier du département et même d'outre-mer.
À Saint-Laurent, on n'en est pas peu fier. Et il y a de quoi. Après avoir accueilli le théâtre et la bibliothèque, le camp accueillera le premier Centre d'interprétation de l'architecture et du patrimoine du département. Ce Ciap aura vocation à promouvoir le patrimoine carcéral et architectural de Saint-Laurent. Un patrimoine reconnu par le label national Ville d'art et d'histoire, obtenu en 2007. Plusieurs cases vont être restaurées et aménagées. Parmi les documents qui y seront visibles : les photographies inédites de bagnards que nous dévoilions dans notre édition du 23 janvier.
OUVERTURE FIN 2014
Les travaux ont déjà commencé et il y en aurait encore pour six mois selon Marie Bourdeau, responsable du service patrimoine de la commune. D'ici la fin de l'année il pourrait être ouvert au public. En attendant, plusieurs subventions ont été votées au dernier conseil municipal et deux marchés doivent être relancés - car personne n'avait répondu à l'appel pour les travaux d'électricité et de plomberie. Le coût du projet de réaménagement étant de 1,4 million que se partagent la commune et la Direction des affaires culturelles. Un projet de site internet est en cours. Il devrait être dévoilé au cours du troisième trimestre 2014.
CASE D'ENTRÉE
La première case située à droite, lorsqu'on entre au camp servira à accueillir le public en rez-de-chaussée. Il y aura un espace exposition et une buvette avec terrasse, reconvertible pour accueillir des manifestations en soirée. À l'étage seront regroupés les bureaux administratifs.
CUISINE
Aujourd'hui, elle accueille des expositions ou encore des ateliers. Avec le Ciap, l'ancienne cuisine abritera une exposition qui revient sur la vie des bagnards. On retrouvera un module sur leur trajet et de grands panneaux sur la vie quotidienne du bagne. Divers objets y seront entreposés mais aussi les registres des matricules des bagnards (avec photos, empreintes et informations physiques). Le public pourra retrouver par ailleurs, dans la dernière salle de la cuisine, des informations sur le processus qui a amené la fin du bagne. Il y aura, entre autres, une interview sonore de Gaston Monnerville et un document sur le parcours des libérés. « Ce document, intitulé « Ceux qui partent et ceux qui restent » , nous a été offert par le Dr Roger Pradinaud qui a fait des portraits de bagnards à l'hôpital dans les années 60, explique Marie Bourdeau. Il montre qu'une partie de la population de Saint-Laurent vient de là. » À découvrir également : les portraits de Saint-Laurentais réalisés par la Ville lors d'une collecte d'archives orales et qui sont aujourd'hui utilisés dans les audioguides de l'office de tourisme.
CASES N° 2 ET 3
La case n°2 sera aménagée en case témoin pour montrer les conditions de détention des bagnards. La n°3 deviendra le Centre de documentation et de collecte du bagne. Elle renfermera les archives communales et différents objets de la vie du bagne. On y retrouvera de nombreuses données sur la vie quotidienne dans la commune et la vie des bagnards après leur libération. De quoi replonger dans la vie de Saint-Laurent de 1858 à 1949. Une salle de consultation sera installée à l'étage.
CASE N° 12
Celle-ci sera dédiée à l'architecture et à l'urbanisme. Au rez-de-chaussée, place à une maquette en relief. Dessus, seront projetées des images qui permettront de voir l'évolution de Saint-Laurent de sa création à aujourd'hui, depuis les dix grandes parcelles de départ, à nos jours. « Au départ, rappelle Marie Bourdeau, il devait y avoir une parcelle par bagnard. Mais dès la fin du XIXè, le gouvernement a changé son projet et les parcelles ont été vendues à des créoles et les bagnards enfermés. Petit à petit, en huit minutes, on voit la ville se construire. » Pour réaliser ce document, depuis cinq ans, le service patrimoine de Saint-Laurent a réalisé de gros travaux de recherches et de collectes. Toujours dans cet espace, on retrouvera des maquettes de maisons typiques de la ville : une de type habitation coloniale, l'autre étant une maison sur pilotis comme on pouvait en trouver, à une époque, sur les barges du Maroni. L'étage sera consacré aux projets urbains actuels de Saint-Laurent.
CASE N°11
Le rez-de-chaussée deviendra un service éducatif, tourné vers les projets avec les scolaires, les expositions et les résidences artistiques. L'étage de la case renfermera dix portraits de Saint-Laurentais, avec dix parcours de vie différents. « Pour montrer aussi que l'histoire la ville n'est pas que liée au bagne, mais à de multiples migrations » , rappelle Marie Bourdeau. Chaque portrait sera associé à un entretien sonore de dix minutes et d'un objet. Dans cette « galerie des dons et des portraits » , chaque visiteur sera invité a se prendre en photo et à laisser une trace de son passage.
LE RESTE DU CAMP
Même si le réaménagement devrait changer la vie du camp, il ne devrait pas modifier sa physionomie générale afin d'en conserver l'architecture si particulière. Par ailleurs, la partie « réclusion » du camp ne devrait pas subir de transformations. Juste quelques travaux d'entretien pour la préserver. Enfin, le camp accueillera toujours les spectacles vivants, théâtre, concerts et autres.
La cuisine regroupera des document retraçant la vie des bagnards (AV)
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