Transport aérien en Guyane : l'ouverture à la concurrence inquiète l'UTG
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Transport aérien en Guyane : l'ouverture à la concurrence inquiète l'UTG

Gaëtan TRINGHAM, g.tringham@agmedias.fr
Le temps où Air Guyane régnait en maître dans le ciel guyanais est révolu. Deux compagnies se partagent le transport de passagers à partir de la mi-août. 
Le temps où Air Guyane régnait en maître dans le ciel guyanais est révolu. Deux compagnies se partagent le transport de passagers à partir de la mi-août.  • ARCHIVES

Des employés de Guyane Express Fly ont peur de perdre leur travail. La CTG défend ses décisions

Des employés de Guyane Express Fly (GEF), représentés par l'Union des travailleurs guyanais (UTG), expriment leurs inquiétudes dans un courrier envoyé ce 7 août. "La CTG a décidé d'ouvrir le ciel guyanais à deux compagnies en concurrence [...] Sous couvert de désenclavement et de fluidification des dessertes aériennes, la CTG favorise une compagnie étrangère, au détriment de la compagnie locale, pourtant présente, compétente et investie", peut-on lire dans le document. L'autre compagnie, Van Air, est pour l'instant la seule à réaliser le transport aérien de fret vers les communes de l'intérieur.

"Cela met en péril les personnels"

À partir de la mi-août, Van Air proposera aussi le transport de passagers sur les lignes intérieures habituelles, en concurrence avec Guyane Express Fly. Le syndicat UTG s'inquiète du maintien de l'activité de l'entreprise et de la pérennité de la cinquantaine d'emplois : "on fragilise, voire condamne à mort, cette initiative en ignorant les spécificités économiques et sociales. Cela met en péril les personnels."

Franck Louison, président de Guyane Express Fly, trouve ici avec l'UTG des alliés de circonstance. Le transporteur aérien local a déposé cette semaine une demande pour réaliser aussi le transport de fret. Franck Louison dénonce "un problème de complicité qui nous empêche de faire le fret." Il assurait précédemment : "l'ouverture à la concurrence, c'est normal. Mais on va devoir revoir nos conditions. On aura moins de passagers, mais nos charges restent identiques, nous ne sommes pas d'accord."

"La CTG sert l'intérêt général, pas celui de M. Louison"

"C'est de la mauvaise foi. Van air et Guyane Express Fly sont logés à la même enseigne", répond Chester Léonce, vice-président de la CTG délégué à l'aménagement du territoire, au désenclavement et au transport. Pour rappel, les deux compagnies étaient partenaires il y a encore quelques semaines. Le conseiller territorial affirme que ses services n'ont pas refusé la demande relative au fret émise par GEF. "Ils peuvent le faire, le marché est ouvert." La collectivité attend des précisions sur la manière dont la compagnie compte s'organiser. Chester Léonce s'agace : "Franck Louison a lâché Van Air et maintenant, il essaie de leur mettre des bâtons dans les roues. Il a signé le dispositif d'aide à caractère social (DACS). Il était parfaitement au courant des conditions et maintenant, il cherche des problèmes partout [...] La CTG sert l'intérêt général, pas celui de M. Louison."

La CTG estime aussi que c'est à l'entreprise d'apporter des garanties à ses employés.

Un dialogue difficile

Jean-Pierre Dellevi, membre de la section UTG de Guyane Express Fly indique : "Nous ne sommes pas contre la concurrence, car cela permet aux populations de l'intérieur d'avoir plus de possibilités de se déplacer. Mais comment mettre la concurrence sans évolution dans les infrastructures et sans réelle vision pour le développement du transport aérien en Guyane."

Dans un précédent article, Jonathan Abienso, membre du collectif des habitants de Maripasoula et candidat aux prochaines municipales affirmait que cette ouverture à la concurrence "est une excellente nouvelle et nous espérons qu'elle permettra d'apporter des solutions réelles en termes de fluidité dans les transports. Les communes de l'intérieur en ont besoin pour la continuité territoriale et pour dynamiser le tourisme."

À voir si la dégradation du dialogue entre les différents acteurs du secteur aérien local ne dégrade pas à son tour le service de transport.

15 millions d'euros par an sont prévus par la CTG pour financer les dessertes aériennes dans le cadre d'une obligation de service public. À l'époque d'Air Guyane, ce montant était de 10 millions par an.

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