Tour de force à la Siguy
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CAYENNE

Tour de force à la Siguy

Karin SCHERHAG
Alain Le Corre n'a pas souhaité recevoir les locataires. Mais une réunion de travail devrait être prochainement organisée (photo Henri Griffit)
Alain Le Corre n'a pas souhaité recevoir les locataires. Mais une réunion de travail devrait être prochainement organisée (photo Henri Griffit)

Hier matin, des locataires mécontents ont protesté devant le siège de la société immobilière, à Cayenne.

La mobilisation n'aura pas eu l'effet escompté. Hier matin, une vingtaine de locataires de la Siguy s'est réunie devant le siège de la société immobilière, à Cayenne, à l'appel de la CLCV (Consommation, logement, cadre de vie). Un mouvement surprise que justifie Alain Chrétien, le président de l'association : « On ne demande plus de rendez-vous avec le directeur de la Siguy, ça ne sert à rien, il ne nous répond jamais. » Et même si Alain Le Corre, le directeur visé, a quitté sa réunion pour aller à leur rencontre, l'entretien a rapidement tourné court. « Ce n'est pas une façon de faire. On ne va pas régler les problèmes dans le hall » , a-t-il expliqué, avant de tourner les talons. Les locataires en colère sont donc repartis bredouilles.
LOYERS PLUS CHERS ET APPARTEMENTS PLUS PETITS
Chacun y est allé de son histoire, souvent dramatique. Il y a d'abord Françoise Martin-Vallet, bientôt expulsée de l'appartement qu'elle occupe depuis 38 ans à la Réno. Elle devra quitter les lieux avant le 5 février mais assure n'avoir reçu aucune proposition de relogement. Idem pour Pierre Simon, 93 ans et plus de la moitié de sa vie passée à Mirza. Lui a jusqu'au 1er mars pour trouver une nouvelle adresse. « C'est de l'intimidation, proteste Joël Romain, le trésorier adjoint de la CLCV. On fait fuir les gens. » Alain Le Corre se défend : « Quand il y a une expulsion, c'est qu'il y a un jugement qui résilie le bail et ordonne l'expulsion. C'est donc qu'il y a un motif sérieux, un impayé par exemple. » Mais il y a aussi ceux qu'on a relogés. Plus loin. Dans des logements « pires » que ceux qu'ils avaient avant, estiment-ils. Et plus chers. « Ce qui est illégal, insiste Joël Romain. Le loyer doit rester inchangé pendant quatre ans, avant d'augmenter progressivement la cinquième année. » Les locataires exhibent d'ailleurs un protocole signé en ce sens. Un accord « sous condition » rétorque Alain Le Corre : « Ces gens râlent parce qu'ils paient plus cher aujourd'hui alors qu'ils n'ont pas payé assez pendant vingt ans. » « Moi je suis retraitée » , se plaint Alphonsine Ladouceur, qui a vu son loyer enfler. 186 euros le T6 à la Réno, 480 le T3 quelques rues plus loin. Elle ajoute qu'elle n'a toujours pas été remboursée des frais administratifs (ouverture de lignes EDF, eau...), qui doivent être assumés par la Siguy. Et elle n'est pas une exception. Envoyée à Médan en attendant la réhabilitation de son logement, cette dame qui préfère garder l'anonymat a une histoire similaire. Et s'impatiente. « On m'avait dit que ça prendrait six mois. Mais en février, ça fera un an et les travaux de mon appartement n'ont pas encore commencé, témoigne-t-elle. Je suis très en colère. »

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