Après le semi-échec qu'a constitué l'aménagement de la crique Canceler, à Sinnamary en direction d'Iracoubo, le Conservatoire du littoral a décidé de changer son fusil d'épaule et, surtout, d'associer la population à la réflexion.
Une trentaine de personnes se sont retrouvées à l'invitation du Conservatoire du littoral, représenté par Nathan Berthelemy, vendredi matin, dans la salle communale attenante à l'église, face à la mairie de Sinnamary. Pour l'ensemble des participants, essentiellement adhérents de l'association Korosony Avenir, mais aussi des gardes du littoral, comme Charles Bergère, et des représentants de l'association Sepanguy, l'analyse est identique : le cadre est magnifique et devrait attirer plus de touristes. Les initiatives d'aménagement de la crique, prises jusque-là de façon unilatérale par le Conservatoire du littoral, n'ont pas toujours été judicieuses. Le site, mal protégé, est régulièrement dégradé. Il y a moyen de concilier élevage traditionnel et activité touristique.
L'élément préalable à la pérennité des aménagements semble sa protection, explique Yolande Coumba, membre de Korosony Avenir : « Il faudrait prévoir une présence permanente ou, éventuellement, un système de rotation qui permette une surveillance régulière des lieux. Il faut aussi le rendre attractif en coupant l'herbe et en ramassant les détritus. »
UN COMITÉ DE PILOTAGE EN PLACE
Si beaucoup sont nostalgiques du passé - « celui où l'on était encore une grande famille » , rappelle Marie-Josèphe Victorine -, tout le monde a conscience que le monde change. La mise en place d'un comité de pilotage se fait naturellement et les premières propositions affleurent. Myriam Cocotier remarque justement : « Je crois que ce serait une erreur de tout détruire pour tout recommencer. Nous pourrions d'abord chercher à restaurer ce qui peut encore l'être avant d'envisager une éventuelle extension. » Certains parlent de roue à aube sur le barrage, de nettoyage des criques voisines afin de retrouver l'accès à la mer.
Bref, si le Conservatoire du littoral voulait construire avec la population, elle a sûrement trouvé les moyens de s'appuyer sur l'expertise des « vieux » , leur connaissance des lieux ou des bois susceptibles de résister au temps. Vendredi, à Sinnamary, l'expérience d'aménagement concerté a appelé à d'autres rendez-vous.
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