Le doublement du montant de la facture d'eau de certains usagers de la CACL est notamment lié aux ajustements financiers qui découlent de la construction de la lagune Leblond (ci-dessus). Ci-contre, la facture de l'un des foyers concernés. (photo d'archives et DR)
Certains habitants du territoire de la communauté d'agglomération du centre littoral ont eu la désagréable surprise de recevoir une facture d'eau deux fois supérieure à son montant habituel. Une hausse liée à l'ajout de la part d'assainissement sur la facture.
502,45 euros. Il s'agit du montant de la facture d'eau adressée le 5 décembre par la Société guyanaise des eaux (SGDE) à un foyer de l'île de Cayenne. Une somme à payer qui s'avère plus de deux fois supérieure à celle dont s'acquitte habituellement la famille concernée. De nombreux foyers de la communauté d'agglomération du centre littoral ont également reçu une addition « salée » . Une surprise des plus désagréables. D'autant qu'aucune lettre expliquant les raisons de cette forte et brusque augmentation n'a été jointe à la facture. En réalité, seul un encart d'une demi-page publié dans l'édition du 31 janvier de France-Guyane a permis à quelques usagers d'obtenir une explication. Encore fallait-il « tomber » sur cette publication. D'autres se sont naturellement tournés vers la SGDE et la CACL. Sans, pour l'heure, obtenir satisfaction.
UNE AUGMENTATION PONCTUELLE
À quoi est due cette étourdissante augmentation ? Selon la CACL, il s'agit de la répercussion sur la facture des usagers du coût des travaux de pose du réseau d'assainissement. Mais uniquement lorsque le réseau dessert de nouveaux usagers. Ceux-ci payent alors ce service qui, auparavant, n'apparaissait pas sur leur facture. « Ces usagers voient effectivement leur facture doubler puisque la part d'assainissement vient se rajouter à la part d'eau potable, est-il indiqué dans le communiqué de la CACL. En contrepartie, ils n'ont plus à réhabiliter et entretenir leurs fosses toutes eaux qui sont pour la plupart obsolètes. » En revanche, le service assainissement l'affirme : « L'ensemble des habitants non-desservis par le réseau de collecte d'eaux usées ne paie que la part d'eau potable. »
Ahmed Hussein, directeur des services techniques de la CACL, assure qu'il ne s'agit que d'une « augmentation ponctuelle » . Il précise : « Les calculs sont effectués sur la base de la consommation d'eau. Ce qui signifie que les prix en eux-mêmes n'ont pas doublé. » De plus, le directeur insiste sur le fait que la part « eau potable » a « nettement diminué » .
Par ailleurs, la CACL a procédé à « l'ajustement » de la « part assainissement » en 2013. Plus clairement, il s'est agi d'effectuer des mises à niveau destinées à appuyer le financement des nouveaux équipements. Comme la station d'épuration, la lagune Leblond.
La CACL ajoute que la part de l'office de l'eau a « très fortement évolué » (+ 850,7% entre 2007 et 2013) pour soutenir « sa politique » à l'échelle départementale. Une hausse qui s'ajoute à la part liée aux investissements de la CACL.
Une des eaux les moins chères de France
La Communauté d'agglomération affirme que « des efforts sont faits » pour que le prix de l'eau soit « maîtrisé » . Au 1er janvier, ce dernier s'élevait à 2,73 euros par m3. « Un des moins chers de France et des Antilles » , assure la CACL. De fait, seuls dix départements français affichent un tarif (eau avec assainissement) inférieur à 3 euros.
Parmi ceux-ci, les Vosges avec 2,47 euros/m3 et la Réunion avec 2 euros/m3 sont les seuls à proposer un prix inférieur à celui de la CACL. Mayotte (3,03), la Guadeloupe (3,78) et la Martinique (4,90) ont des prix nettement plus élevés.
À noter que c'est dans le Tarn-et-Garonne que la note est la plus salée avec 5,72 euros/m3.
Le prix de 2,73 euros par m3 se décompose de la manière suivante : 1,69 euro/m3 pour les exploitants (SGDE et CIE), 0,78 pour la CACL, 0,20 pour l'office de l'eau et 0,06 pour les taxes diverses (octroi de mer, etc).
« Éviter le retour de bâton en 2014 »
En septembre 2012, la CACL a voté l'augmentation du tarif de l'assainissement de l'eau pour l'année 2013. Lors de la séance plénière, le président Rodolphe Alexandre a expliqué : « C'est la seule solution car nous avons l'emprunt d'investissement à rembourser (14 millions d'euros, ndlr), et qu'il est impossible d'emprunter pour le fonctionnement. Ça permettra de maintenir un tarif stable, hors inflation, dans les années à venir. »
Robert Picard, du cabinet Calia Conseil, complétait : « C'est l'équilibre minimal pour éviter un retour de bâton en 2014 et assurer un tarif bas. »
(photos d'archives et DR)
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