Les habitants de La Levée toujours dans l'incertitude
France-Antilles Téléchargez l'application France-Guyane Installer

La radio 100% Caraïbes
MATOURY

Les habitants de La Levée toujours dans l'incertitude

Pierre-Yves CARLIER
Les habitants de la Levée, mi-octobre 2011. Aujourd'hui, certains risquent l'expulsion (photo d'archives)
Les habitants de la Levée, mi-octobre 2011. Aujourd'hui, certains risquent l'expulsion (photo d'archives)

Menacés d'expulsion, après parfois quarante ans d'occupation de leurs terrains, les riverains ont été reçus par le maire jeudi soir. La commune propose d'exproprier Jean-Max Élizé pour leur revendre les parcelles.

Deux ans après leur dernier mouvement de protestation, les habitants de La Levée se rappellent au bon souvenir de Jean-Pierre Théodore Roumillac. Jeudi soir, quatre-vingts d'entre eux ont rencontré le maire de Matoury, pour lui dire leur crainte de se faire expulser.
Installés dans les années 1960 entre l'actuelle Matourienne et le Mahury, ils ont découvert en 1992 que Jean-Max Élizé (patron du cinéma Agora) possédait un titre de propriété de leurs terres. Depuis, c'est le bras de fer.
Le tribunal en a reconnu quelques-uns comme propriétaires : eux ou leurs parents occupent les lieux depuis plus de trente ans. Mais un nouvel obstacle se présente à eux : leur adversaire a fait appel. D'autres sont sous la menace d'une expulsion.
Jeudi soir, le maire, à défaut de les rassurer, leur a présenté la stratégie qu'il a ébauchée avec Hélène Sirder, conseillère régionale et avocate de la commune : attendre que les procédures au tribunal soient terminées et exproprier Jean-Max Élizé. « Nous sommes derrière vous, leur a-t-il assuré. Si ça n'avait pas été le cas, on vous aurait verbalisés. Ça n'a jamais été la volonté de la ville, sauf pour ceux qui se sont installés après (que Jean-Max Élizé ait fait connaître ses titres de propriété). » Il a exhorté les habitants à s'entendre et à venir déposer leurs dossiers à la mairie à partir de lundi.
Les riverains vont se réunir dans les prochains jours : « Nous allons discuter de notre stratégie et de la proposition du maire. » Si beaucoup ont applaudi l'élu, des doutes se sont aussi fait jour. « On ne sait pas comment il va indemniser après l'expropriation, ni combien ça nous sera vendu. Ça va coûter très cher » , estime un riverain. Pour un autre : « Le maire nous soutient pour (les élections de) 2014 mais, après, ce sera le calme plat. »
D'autres l'ont interpellé sur la longueur de la procédure : « Certains d'entre nous risquent d'être expulsés avant la fin de l'année. » Le maire a promis de réunir son conseil municipal rapidement sur ce sujet. « Si on fait connaître notre intention d'exproprier, ça peut retarder les choses. »

Édition spéciale :
Rétro 2025

Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique

Voir la boutique

Suivez l'info en temps réel
sur l'appli France-Guyane!

Télécharger