Le tourisme souffre aussi d'un sous-investissement
France-Antilles Téléchargez l'application France-Guyane Installer

La radio 100% Caraïbes

Le tourisme souffre aussi d'un sous-investissement

Kerwin ALCIDE
Malgré ses atouts, comme les Îles du Salut ou encore la forêt amazonienne, le tourisme guyanais ne décolle pas (L.L.)
Malgré ses atouts, comme les Îles du Salut ou encore la forêt amazonienne, le tourisme guyanais ne décolle pas (L.L.)

On dit souvent que le tourisme guyanais pâtit de l'image d'enfer vert qui lui colle à la peau. La Chambre régionale des comptes démontre aussi qu'il y a un manque d'engagement des politiques. À l'exemple de l'investissement du tourisme par habitant : quatre fois plus élevé en Martinique qu'en Guyane.

Deuxième secteur économique après le spatial, qui représente 15% du Produit intérieur brut (PIB), le tourisme ne manque pas d'atouts. Dans le Schéma régional de développement du tourisme et des loisirs de Guyane (SRDTLG) rédigé en 2012, on a dressé une liste des atouts guyanais : « une forêt et des sites naturels particulièrement accessibles » , « des événements significatifs comme les lancements de fusées, le carnaval et la ponte des tortues » sans oublier les possibilités d'accéder au Brésil, par exemple. « Pourtant, le tourisme est peu intégré par les acteurs politiques et économiques.
15 MILLIONS INVESTIS EN GUYANE ; 100 MILLIONS AUX ANTILLES
Certains doutent de son potentiel de développement » , constate le rapport de la Chambre régionale des comptes présentée hier en séance plénière de la Région. Un constat d'échec relevé également par le SRDTLG qui dénonce des orientations « vagues » et qui « aboutissent à une gestion consumériste des budgets, au fil de l'eau et sans véritable réflexion stratégique » .
Si le tourisme guyanais doit faire face à une image difficile liée au bagne et à l'enfer vert, il « a souffert et souffre encore d'un sous-investissement public qui handicape son développement » fait remarquer le Schéma régional. Alors que les Régions de la Guadeloupe, Martinique et Réunion ont chacune d'entre elles investi près de 100 millions d'euros dans le tourisme lors du précédent contrat de projets État-Région, la Guyane s'est contentée de... 15 millions d'euros.
De même, précise le rapport de la Chambre régionale des comptes, l'intervention de la Région Guyane auprès du CTG « ne représente que 41% des concours accordés par la Région Guadeloupe » au comité local et « 23,3% de la subvention d'exploitation attribuée par la Région Martinique » à son comité de tourisme.
En 2011, la Région Guyane avait octroyé 2,27 millions d'euros au CTG. À titre d'exemple, l'investissement du tourisme par habitant n'est que 152 euros en Guyane contre 654 en Martinique et 675 en Guadeloupe. Ce sous-investissement public, fait remarquer le SRDTLG « n'encourage pas les investisseurs privés à se tourner vers la Guyane » . « Le fait que le tourisme soit déjà le deuxième secteur économique, doit mobiliser les collectivités » , préconise le Schéma.
Et même si on estime que la Guyane ne pourra jamais développer un tourisme de masse comme les Antilles, la Chambre régionale des comptes relève « l'étrangeté de certaines actions de promotion » qui ne vont pas dans le bon sens. « Il est surprenant que la promotion du Musée des cultures guyanaises se fasse, à l'aéroport Félix-Éboué, uniquement dans la salle d'embarquement. Donner aux voyageurs qui s'en vont le regret de ne pas avoir visité le musée est une chose ; il semblerait préférable de donner à ceux qui arrivent le désir de le voir » . En somme, le tourisme souffre d'engagement et de bon sens.
REPÈRES
LE TOURISME DOMESTIQUE BOUDÉ
Aujourd'hui, plusieurs observateurs estiment que les chiffres du tourisme sont tout bonnement faux. En tout cas sous-estimés. Et pour cause, un résident guyanais qui se rend aux Îles du Salut ou au musée de l'Espace n'est pas comptabilisé dans les chiffres du tourisme. Même quand il descend le fleuve avec un tour-opérateur, il n'est pas considéré comme touriste. Or, quand un Parisien visite le Mont Saint-Michel, on a tout lieu de croire qu'il sera comptabilisé dans les chiffres du comité normand. Le CTG semble avoir l'envie d'enquêter auprès des touristes résidents.
LE TOURISME EN DÉTAIL
Selon les chiffres avancés par le Schéma régional de développement du tourisme et des loisirs de Guyane (SRDTLG), le tourisme en Guyane est surtout d'affaires. Des visiteurs qui voyagent principalement pour le spatial. Viennent ensuite les touristes dits affinitaires, c'est-à-dire des personnes qui visitent des parents installés en Guyane. Et pour finir, les touristes d'agrément qui sont en forte baisse ces dernières années. La clientèle touristique est principalement française : 60% viennent de l'Hexagone et 35% des Antilles.
DES PISTES À SUIVRE
Le SRDTLG estime que la croissance de l'économie du tourisme passera par deux clientèles : le touriste d'agrément et les résidents guyanais. Il fait également remarquer que bien que la clientèle d'affaires représente la moitié des arrivées en Guyane « il manque un lieu de congrès permettant d'organiser des rencontres économiques » .
LE CHIFFRE 510 000
510 000 passagers, c'est la prévision de la Chambre de commerce pour 2016, c'est-à-dire dans deux ans. L'an passé, le trafic à l'aéroport Félix-Éboué était de 436 991 passagers, soit une hausse de 1,9% par rapport à 2012.

Édition spéciale :
Rétro 2025

Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique

Voir la boutique

Suivez l'info en temps réel
sur l'appli France-Guyane!

Télécharger