Le barrage de Petit-Saut a 30 ans
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Le barrage de Petit-Saut a 30 ans

Z.D.-C.
Les travaux pour le barrage de Petit-Saut ont commencé en 1989, pour une mise en service en 1994.
Les travaux pour le barrage de Petit-Saut ont commencé en 1989, pour une mise en service en 1994. • ARCHIVES

En réponse à un boom de la consommation d'électricité guyanaise, le barrage hydroélectrique était érigé à Sinnamary en 1994. Retour en arrière.

Tranchant la rivière de Sinnamary, l'ouvrage en béton à 2,7 milliards de francs (310 millions d'euros mais avec l'érosion monétaire, l'équivalent de 654 290 965,47 euros selon l'Insee) était mis en service il y a trente ans. L'objectif : satisfaire les besoins croissants en électricité des foyers guyanais et du Centre spatial. À ce jour, le barrage produit deux tiers de l'électricité du territoire.

À l'époque, citoyens et pêcheurs locaux s'étaient soulevés contre le projet en raison de l'impact environnemental que l'érection du barrage allait générer sur leurs activités.

Un environnement très affecté

Le mastodonte a en effet profondément modifié l'environnement alentour. Formé par la construction du barrage, le lac éponyme devient le plus grand de France avec une superficie de 365 km2. La putréfaction des végétaux, inondés par le lac artificiel, a fini par tuer des milliers de poissons ainsi que des espèces végétales endémiques.

Ainsi, peu après l'inauguration du barrage, EDF a été contraint de réaliser des travaux pour oxygéner l'eau, de part et d'autre de l'ouvrage, pour en rétablir les propriétés initiales et limiter les émissions de gaz à effet de serre.

Une zone toujours convoitée

Aujourd'hui, une trentaine de salariés travaillent quotidiennement à l'entretien du barrage de Petit-Saut. Le lac est aussi devenu une zone touristique, lieu d'observation de la faune et la flore environnante pour les amateurs et les scientifiques.

C'est également une zone convoitée par l'industrie du bois et de la biomasse à vocation énergétique. Depuis 2023, l'entreprise canadienne Triton en exploite le bois ennoyé sur deux sites. Voué à étendre son activité sur une troisième barge, l'industriel peine à obtenir les autorisations administratives ce qui retarde l'avancement de ses projets sur le lac. Des volontés d'expansion que ne voient pas d'un bon œil les militants de l'association "Préservons Petit-Saut" qui déplorent entre autres la destruction d'écosystèmes dépendant du bois ennoyé.

Bref, trente ans après, le barrage et ses alentours n'ont pas fini de faire parler. À l'occasion de cet anniversaire, France-Guyane en dédiera un dossier prochainement.

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