Affairé à ranger quelques pièces dans un vieux container posé au fond de la casse, elle-même située au fond de la zone Galmot, Charles Philippon se montre résigné. Un arrêté préfectoral, daté du 4 novembre, ordonne « l'évacuation immédiate de la totalité des véhicules hors d'usage présents sur le site vers une installation autorisée à les recevoir » . « J'accepte la décision. Ils m'ont demandé d'arrêter mon activité, j'ai arrêté, j'ai licencié mon salarié » , raconte l'exploitant. Mais selon ses propres estimations, le terrain abriterait toujours entre 500 et 1 000 véhicules, tous peu ou prou à l'état d'épave. « Je négocie une solution pour enlever tout ça » , souffle-t-il. « Mais ça coûte cher. » Il estime à 70 000 euros le coût de la remise en état du terrain. Pourtant, l'homme affirme ne pas être responsable de toutes les épaves qui y pourrissent. « Je loue ce terrain depuis quatre ans. Quand je suis arrivé, c'était déjà une casse. J'ai repris l'affaire et voilà, c'est sur moi que ça tombe. » « UN VÉRITABLE MARCHÉ PUBLIC »
L'autre solution aurait été de procéder à la mise aux normes. « Mais le terrain appartient à la commune. Imaginez que je fasse 100 000 euros de frais et que la mairie récupère les lieux! » Aujourd'hui, l'exploitant cherche plutôt un autre terrain pour ouvrir une nouvelle casse. En attendant, il vit de son autre activité, celle de dépanneur. La casse de Galmot, elle, continue d'attirer de nombreux mécaniciens amateurs. « C'est devenu un véritable marché public. Je ne suis pas là toute la journée et les gens viennent se servir » , lance l'exploitant, un brin écoeuré, et monte dans sa dépanneuse. Avant de démarrer, il jette un ?oeil sur le siège passager où le courrier de mise en demeure lui rappelle qu'il ne sera bientôt plus chez lui. ET AUSSI...
- Les motivations de l'arrêté
Deux raisons motivent l'arrêté préfectoral du 4 novembre. D'abord, il y a l'absence de réponse du gérant de la casse à l'arrêté du 17 janvier 2014, qui le mettait en demeure de « régulariser la situation administrative de son établissement ou de cesser son activité » . Il y a ensuite l'aspect environnemental. Rappelant les conclusions d'une visite de l'inspecteur de l'environnement le 19 août dernier, l'arrêté relève notamment « le rejet dans le milieu naturel, sans traitement, des effluents aqueux et la présence de gîtes larvaires susceptibles de favoriser la propagation d'épidémies causées par les moustiques » .
- Six ans de procédures
Depuis 2008, la mairie de Cayenne tente de récupérer le terrain sur lequel s'étend la casse de la zone Galmot. Elle a intenté une action en justice contre le propriétaire du garage Galmot, situé juste à côté de la casse, qui sous-loue le terrain à l'actuel exploitant de la casse. Plusieurs décisions de justice ont donné raison à la municipalité, toutes ont été suivies d'un recours en appel puis d'un pourvoi en cassation. Avec l'arrêté préfectoral du 4 novembre, la mairie peut désormais espérer récupérer le terrain dans un délai raisonnable.
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