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INTERVIEW

Carol Ostorero : « On est face à un écocide organisé par ceux qui prétendent vouloir protéger l’environnement. »

Propos recueillis par S.R. Vendredi 1 Octobre 2021 - 15h56
Carol Ostorero : « On est face à un écocide organisé par ceux qui prétendent vouloir protéger l’environnement. »
La présidente de la fédération des opérateurs miniers de Guyane tire la sonnette d'alarme. - D.R.

 La fédération des opérateurs miniers de Guyane assure que la filière aurifère légale peut jouer un rôle moteur dans le « choc de développement » annoncé par le Ministre des outre-mer dans l’Ouest Guyanais.

 La semaine dernière, vous avez eu une entrevue avec le ministre, au cours de laquelle vous avez pu lui « rappeler » le poids économique de la filière aurifère légale. L’exemple du projet de la crique Nationale était-il une illustration adéquate ?
Il s’agissait de lui faire prendre conscience qu’on a une filière légale qui participe au développement du territoire et que ça contribue à la lutte contre l’orpaillage illégal. Evidemment, pour se faire, il faut qu’on nous délivre des permis parce qu’actuellement nous recensons uniquement des freins à leur obtention. Ça a donné le résultat sur la photo qu’on a jointe au communiqué de presse (voir ci-dessous). Il y a eu un débat houleux sur la crique Nationale, au nord de la crique Kourou, qui est un projet avec trois AEX (ndlr : Autorisations d'exploitation) demandées en 2019. Il y a eu une opposition de la mairie parce que c’était en amont du captage du fleuve Kourou alors qu’on était à 40 ou 60 km du point de captage. Les ONG prennent évidemment position contre. Ce dossier est arrivé en commission des mines et à cette occasion j’ai demandé aux pétitionnaires de faire une mise à jour de la photo satellite.

L'exemple de la crique Nationale, présenté en commission des mines. - D.R.

Le délai d’instruction pour les autorisations d’exploitation a entraîné la prolifération des orpailleurs clandestins sur place ?
Tout le monde a été surpris puisque toutes les AEX ont été exploitées par les clandestins et finalement il n’y avait plus rien à en tirer. Le gisement était estimé au plus bas à 262 kg, qu’on a laissés dans les mains des clandestins. Sans parler des kilos de Mercure qu’ils ont déversés… On se dit que c’est complètement fou de se retrouver dans une situation pareille. On dit non à une exploitation légale par dogmatisme écologique mais à côté de ça on laisse le libre champ à l’orpaillage illégal. On est face à un écocide organisé par ceux qui prétendent vouloir protéger l’environnement.
Au niveau de la filière légale, que proposez-vous pour éviter un « écocide » ?
La réglementation française est extrêmement stricte sur la question de l’exploitation. C’est très encadré et il y a des règles. Ce sont des bassins d’exploitation, on travail en circuit fermé. En fin d’exploitation on fait des réhabilitations pour créer une reforestation. Le travail on le fait depuis le début jusqu’à la fin en mettant en place des règles qui encadrent cette exploitation. En l’occurrence, pour l'exemple précédent, on a plus de 2km de crique qui ont été ravagés. Pour l’eau, qui se déverse jusqu’au captage du fleuve, c’est une catastrophe. Il faut qu’à un moment donné on sache garder la raison parce que prendre des décisions de ce type en pensant que c’est le bon choix est erroné. Qui va réparer les dégâts le long de cette crique aujourd’hui ? Personne n’est comptable, les gens prennent des décisions qui ont des conséquences dramatiques.
À quel niveau avez-vous sollicité une intervention du Ministre des Outre-mer ?
On a demandé à Monsieur le Ministre qu’il fasse en sorte que dans les ordonnances qui vont sortir pour modifier le code minier ces situations inacceptables soient prises en compte. Il faut qu’on se rende compte que la filière aurifère légale est aussi un moyen de lutter contre l’orpaillage illégal aux côtés des forces armées. 
Pour cela il faudrait qu'une filière aurifère "durable" se structure, quelle est votre position au sujet du projet "Montagne d'or" ?
Là je parle d'activités artisanales. Pour moi une entreprise artisanale est une entreprise familiale qui est mécanisée et qui travaille déjà dans l’alluvionnaire. Ce qui est le cas en Guyane française. Tous ceux qui travaillent en forêt et en sites isolés dans l’exploitation primaire participent de fait à la lutte contre l’orpaillage illégal puisque finalement on va se positionner en lieu et place des clandestins avec des règles d’extraction et de processus encadrés par une réglementation stricte et surveillée.
Combien d’emplois seraient menacés par les différentes décisions de justice et ces délais d’instruction, que vous jugez trop longs ?
Ce qu’on a rappelé c’est qu’actuellement, avec la politique pro-écologique qui est menée, on se retrouve à perdre des emplois et des entreprises. Tout ça simplement parce qu’on n'obtient pas de permis. Et puis à chaque fois que l’on dépose un permis, on le publie puisque ça passe dans une procédure d’examen au cas par cas dans laquelle on indique à quel endroit on va. Par conséquent, on a des gens en face qui sont très bien informés. Les clandestins ont les moyens informatiques. On rencontre aujourd’hui en forêt des ingénieurs qui viennent des pays voisins pour participer à l’orpaillage illégal. C’est dire si la situation évolue par rapport à ce qu’on connaissait. Avec ce qu’ils pillent chaque année on est entre 500 et 600 millions d’euros de dégagés par l'orpaillage illégal.

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7 commentaires

Vos commentaires

RAPHI 04.10.2021

condamnée pour pollution et elle se permet de donner des leçons !

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BELLOD 03.10.2021

La convention citoyenne pour le climat avait voté à 94% pour l'adoption d'un moratoire sur l'activité minière industrielle en Guyane… Une demande enterrée par le gouvernement macron.
Le député Serville avait déposée en décembre 2018 une résolution demandant l'interdiction de l'utilisation du cyanure dans l'industrie minière (se basant sur une résolution europénne identique datant de 2010). Demande reprise ensuite par une proposition de loi du sénateur Fabien Gay, mais rejetée par le gouvernement macron…
L'assistanat du lobby minier, par le gouvernement et sa majorité, contre la protection de l'environnement et contre la représentation politique des citoyens guyanais…

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jess 03.10.2021

or qui pollue détruit enlaidi

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Pokeur 02.10.2021
lol

Dit celle dont la mine à été comdamnée pour préjudice écologique !
Par ailleur sur la photo sattelite l'aex Nelson à bien été orpaillé légalement puis illégalement, pour rappel cet AEX a été débouté en justice une fois l'extraction (légale) terminée. De fait l'orpaillage légal déforestant massivement, il devient plus facile aux garimperos de s'installer...
Et de l'or, pour quoi faire ? 94% de l'or extrait dans le monde fini a dormir dans des coffres...

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Lilia 03.10.2021

Merci d'aborder le fond du problème : à quoi sert l'or ? 94% de l'or extrait fini dans les coffres ce qui est une totale abérration ! Pourriez vous m'indiquer quelles sont vos sources car je cherche justement ces chiffres mais je ne trouve rien sur le net. Merci beaucoup.

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lestranger 02.10.2021

Nationale est effectivement un bon exemple ... de mauvaise fois voir d'incompétence de la profession. Si l'instruction a durée de nombreuses années c'est simplement la volonté de trouver un tour de passe passe de l'entreprise pour éviter une étude d'impact imposée en 2017 ! bilan les illégaux ont eux le temps de s'installer. De plus le captage d'eau de Kourou est loin d'être la seule et principale problématique, quid de l'état financier catastrophique de la société, des manquements en matières de largeur de crique, du secteur isolé ... la liste est longue.
Concernant la théorie de travail "propre" en circuit fermé, elle est régulièrement mis à mal par des constats de vidanges sauvages avec pollution (le groupe Ostorero est bien au courant de cette pratique ...mais attendons le résultat de l'appel en justice ...). Quant a la réhabilitation, l'absence de ces sois disant professionnels au séminaire (la semaine dernière) illustre bien l'intérêt porté au sujet.
Enfin, réponse éludée en matière du nombre d'emplois de la filière !! quelques dizaines (sans comptés les illégaux en renfort ...) et rien en matière de retombées financières pour le pays. Normal seul les patrons se remplissent les poches, il y a tromperie sur la marchandise (un peu comme la photo de Carole, actualisez vos fichiers !!)

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g6d 01.10.2021

Nous sommes effectivement face à un écocide qui est la conjugaison de tout développement minier, de tous développement économique primaire ou secondaire de notre pays avec, en plus, des incompétences notoirement assumées par nos élus. Qu'attendre de notre assistanat encouragé par tant de responsables ?

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