Carburants : les transporteurs appellent à la mobilisation
Depuis le 1er avril, le prix du gazole a augmenté de 24 centimes et celui de l'essence sans plomb de 17 centimes, portant le litre à près de 1,99 euros
Les transporteurs locaux annoncent une possible mobilisation apportée par la hausse des prix du carburant, lors d'une conférence de presse, ce jeudi 2 avril, à Cayenne. Depuis le 1er avril, le prix du gazole a augmenté de 24 centimes et celui de l'essence sans plomb de 17 centimes, portant le litre à près de 1,99 euro.
" La mobilisation doit être forte pour se faire entendre. Tout est envisageable ", annonce Dominique Mangal, président de l'Union guyanaise des transporteurs routiers (UGTR).
Objectif : exposer les conséquences de cette hausse et dénoncer un modèle jugé à bout de souffle." Nous ne pouvons pas, nous transporteurs, supporter cette augmentation ", prévient-il. " On pense que c'est simple d'augmenter nos tarifs, mais nous achetons notre carburant comme tout le monde. "
Une mobilisation en ligne de mire
Dans un territoire qui importe près de 90 % de ce qu'il consomme, tous redoutent un effet domino. Faute de concertation, la mobilisation est désormais clairement posée, reste à en étudier la forme.
Pour Joëlle Prévot-Madère, présidente de l'Union des socio-professionnels et PME de Guyane, cette situation révèle surtout les limites du système actuel. En cause, la dépendance à la Sara, raffinerie des Antilles, qui " importe des produits pour répondre au marché guyanais ".
Selon le rapport de l'inspection des finances, le coût de la raffinerie s'élève à 14,6 cts par litre. " Nous avons les éléments pour ne plus dépendre de la Sara. Le PIB ne permet pas à la population de suivre de tels prix ", insiste-t-elle.
" Nous serons bombardés par la hausse des prix "
En première ligne, les transporteurs alertent sur un effet en chaîne. " Le transport, ce n'est pas seulement le routier, c'est aussi le fluvial. Si on ne peut pas absorber le surcoût, certains ne pourront plus assurer des services essentiels, comme le transport des élèves ", souligne Dominique Mangal.
Au-delà du secteur, c'est toute la population qui est concernée." Le citoyen lambda est touché. Dans les semaines et mois à venir, le panier de courses va diminuer en volume. "
Dans un contexte mondial qu'il juge inévitable, il emploie une image forte : " On pense que les bombardements sont loin, mais aujourd'hui nous serons bombardés par des augmentations de prix. C'est exactement ce qui va se passer ".
Les critiques visent aussi l'organisation du marché. " La Sara se fournit à 60 % en produits finis, ce n'est plus une raffinerie ", affirme Yvane Goua, du collectif " Stop à la vie chère ". " Cela fait un an que des solutions sont sur la table pour faire baisser les prix. "
"Est-ce qu'une mère au RSA peut consommer local ? ", interroge Monique Guard, présidente de Citoyens, citoyennes. " Nous mangeons comme au Brésil mais nous sommes piégés par les normes européennes. "

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