Connu pour son parcours dans le rap français puis comme entraîneur de basket, le Guadeloupéen Manu Key nous présente l'ouvrage Mental de faire. Dans ce livre, il dévoile 16 portraits de personnes qui, malgré un manque d'outils ou de ressources apparents, ont trouvé dans leur expérience et leur force mentale de quoi façonner un destin hors du commun.
Pourquoi avoir choisi ce titre pour votre livre ?
Il s'agit d'un titre trouvé par hasard, parce que « mental de fer » pour moi était trop classique. Quand je regardais autour de moi, il y avait beaucoup de livres, films, séries avec le terme « fer ». J'ai cherché si le terme « mental de faire » était déja référencé, il était disponible et faisait sens. Par ce terme, j'ai voulu transmettre l'idée de se mettre en action, faire le premier pas pour ensuite aller jusqu'au bout des choses. L'idée est venue d'un ami, je ne savais pas trop sur quoi partir parce que j'avais écrit mon autobiographie (Les liens sacrés) en 2020 puis un autre ouvrage (Le meilleur pour tous) en 2023, là je voulais traiter un sujet différent. Cet ami m'a demandé d'observer les réalisations de personnes autour de moi et l'idée est venue immédiatement. Peu après j'ai rencontré l'artiste Angelique Denis avec qui j'ai eu un entretien, ensuite les entretiens se sont enchaînés.
Vous avez réalisé seize portraits. Comment avez-vous sélectionné les profils retenus ?
J'ai d'abord débuté par mon cercle proche car je connaissais leur parcours ensuite il y avait des contacts communs sur les réseaux sociaux. J'ai contacté ces personnes et ai cherché j'ai cherché à connaître leur histoire. Il était important d'aller creuser, comprendre ce qu'ils ont fait dès leur début et ensuite raconter à travers mon livre leur développement et leur vécu. Il y a des personnes pas forcément « publiques » qui ont un parcours très intéressant.
Comment les personnes interrogées vivaient-elles ces entretiens ?
Certaines m'ont découvert dans le basket, d'autres dans les écrits dont « Les liens sacrés » qui a très bien fonctionné.
Après leur avoir expliqué ma démarche et qu'elles aient accepté de collaborer avec moi, les personnes interrogées ont joué le jeu jusqu'au bout.Les histoires ont pris forme après plusieurs relectures et jusqu'à au moins quatre versions. Je me suis assuré d'avoir leur approbation sur les versions finales avant la publication.
Avez-vous gardé l'ensemble des témoignages ?
Dans le tome 1 il y a 16 histoires et j'avais interrogé 20 personnes. Le portraits non publiés le seront dans le tome 2 qui doit arriver l'année prochaine. Aujourd'hui j'ai l'ensemble des profils pour le tome 2 et je travaille sur la retranscription de leurs entretiens jusqu'en fin d'année. Je ne voulais pas le volume 1 dépasse 300 pages et ai donc gardé les autres histoires pour le tome 2.
Combien de temps a mis de développement du volume 1 de « Mental de Faire »?
Entre l'idée, l'écriture, les relectures et la publication, il a fallu compter environ un an et demi. J'ai commencé à écrire après la publication de mon deuxième livre (Le meilleur pour tous) en 2023.
Comment le livre a-t-il été reçu ?
Déjà, étonnamment bien de par son nom. Le jeu de mots a été compris et apprécié. Le public s'attendait à un ouvrage parlant de moi, de mon parcours dans le hip-hop ou le basket. J'ai été à contre-pied parce qu'on s'aperçoit que la thématique est différente. J'ai reçu le soutien de beaucoup de collectivités, de comités d'entreprises et suis très heureux. J'ai présenté le livre au grand public mercredi à Paris et vais partir prochainement dans certaines grandes villes de province pour le présenter lors d'événements.
Vous avez désormais une casquette d'entrepreneur parce que vous avez publié l'ouvrage en auto-édition...
Comme dit le dicton, on n'est jamais mieux servi que par soi-même (rires). J'avais beaucoup d'idées. J'ai surtout compris qu'il y avait des démarches que je pouvais faire moi-même comme éditer le livre, c'est-à-dire réaliser la pochette, trouver des personnes pour la relecture et l'orthographe. Je savais aussi assurer la promotion de l'ouvrage et les poster aux lecteurs. Je ne fais pas tout moi même, j'ai réuni à mes côtés une équipe de six personnes dont des photographes, des correctrices. Je suis assez content de découvrir que finalement avec une équipe et de l'organisation, on peut écrire son livre et gérer sa production, promotion et distribution.
Le désir de transmission
A qui le livre est-il destiné ?
Beaucoup de gens peuvent se sentir touchés et concernés. Je pense à des adolescents en quête de sens, des personnes qui sont en reconversion professionnelle. Le livre peut aussi toucher les jeunes éloignés de la lecture. Je connais pas mal de jeunes qui ont connu l'ouvrage sur les réseaux sociaux mais qui n'aimaient pas lire des livres. Ensuite ils se sont intéressés, ont lu quelques pages et maintenant lisent plus de livres.
Mental de Faire est disponible depuis le 8 avril
• DR
Quel message souhaitez-vous transmettre ?
La première chose, c'est de croire à l'impossible. Je le dis dans la phrase d'accroche et puis je pense que c'est surtout le focus. C'est de dire qu'on peut faire des choses avec de la motivation. On peut réaliser de grandes choses en y croyant chaque jour et en faisant le premier pas.
Je veux souligner aussi le fait d'aller au bout des choses, même si le chemin sera long.
Si je prends votre cas personnel, vous avez eu plusieurs vies professionnelles. Quel a été votre état d'esprit pour justement évoluer dans plusieurs univers, évoluer et ne jamais lâcher ?
Je suis autodidacte depuis toujours. Ce qui m'a permis de ne pas lâcher, c'est se tromper, et toujours se relever. Sans erreurs, on ne peut pas y arriver. On ne peut pas avoir de parcours sans erreurs. Quand on se trompe, on se relève, on a compris des choses. Le fait d'accompagner différents groupes de jeunes, depuis une trentaine d'années, va servir pour les générations suivantes. La transmission et l'entraide sont des valeurs très importantes.
Vous êtes un mentor pour beaucoup de jeunes, quels ont été les vôtres ?
Bien évidemment, j'ai beaucoup travaillé avec DJ Medhi, paix à son âme. Il s'agissait d'un apprentissage mutuel, et Medhi a été à sa manière mon mentor. Je pense après à mes frères et mes parents, qui ont toujours été des soutiens dans mon cheminement.
Mental de Faire est disponible sur mentaldefaire.com ou sur demande à manuelcoudray94@gmail.com
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