Un pari sur la mort, une ode à la vie : le nouveau film de Stéphane Floricien présenté à l'Encre
La séance de visionnage sera accompagnée d'un moment d'échange avec le public.
Stéphane Floricien présentera son long métrage La course au paradis, vendredi 17 avril à 19h, à l'Encre.
" Ça raconte l'histoire de deux octogénaires, anciens champions d'athlétisme, aujourd'hui en mauvaise santé. Ils se lancent un pari absurde : savoir qui mourra le premier ", explique le réalisateur.
Si le sujet pourrait laisser penser à un drame, le film prend en réalité une autre direction : " C'est surtout de l'humour, avec ce côté absurde qui évolue finalement vers une forme de bienveillance, portée par deux caractères bien trempés. "
La séance sera accompagnée d'un moment d'échange avec le public. " J'aime quand il y a ce lien, quand les gens s'interrogent sur ce qu'ils voient, qu'ils réfléchissent pendant le film et que tout ne leur est pas donné facilement. "
Initié en 2023, ce film de 1h37 est né d'une rencontre spontanée. Il y a dix ans, Stéphane Floricien rencontre Sue : " Elle avait déjà eu un cancer et était passée près de la mort. Quelques années plus tard, j'ai tenté de la joindre sans réponse, jusqu'au jour où elle décroche et me lance : “Sorry darling, I was dead again.” "
Dans le même temps, il rencontre Terry, un ami de Sue, lui aussi atteint de plusieurs cancers. " Les médecins ne leur donnaient que quelques mois, et pourtant ils croquaient la vie à pleines dents. "
Une amitié qui a inspiré la trame du film : " On est dans un humour anglo-saxon, qui montre qu'on peut, en quelque sorte, rire de tout. Ce n'est pas toujours dramatique, dans le film par exemple à force de vouloir gagner, leur pari devient finalement un tourbillon de bienveillance. "
Un clin d'oeil à la Guyane
Les scènes ont été tournées en Seine-et-Marne, ponctuées de clins d'œil à ses racines guyanaises. " On glisse de la Guyane dans l'histoire, à travers certains objets, des cadeaux, ou encore des remèdes créoles à base de feuilles d'avocatier, par exemple. " On aperçoit même Gabriel Serville en fond sur une télévision dans l'une des scènes. " Le but, c'est que tout le monde puisse s'identifier, pas seulement en Guyane. C'est la Guyane qui se greffe au film, et pas l'inverse. "
Originaire de Guyane, cette projection à l'Encre revêt une importance particulière pour le réalisateur.
" C'est important pour moi que la première ait lieu à l'Encre. C'est là que j'ai présenté tous mes films. J'aime cette salle, cette proximité avec le public, où tout le monde voit et partage le moment. Mon premier film date de 2011, donc ça fait 15 ans que je propose des choses là-bas. Les gens m'attendent avec bienveillance et intérêt. "
Si aucune date n'a encore été annoncée dans d'autres communes, une projection à Saint-Laurent-du-Maroni retient particulièrement son attention : " Notamment en clin d'œil à mon acteur principal, Serge Abatucci, qui gère le centre d'art Kokolampoe. Je lui dois beaucoup pour son investissement sans faille. Il a déjà joué plusieurs rôles dans mes films : le tonton homo, l'homme à femmes, ou encore le père de mon personnage, complètement déjanté et violent. "
" Je veux être réalisateur depuis mes 8 ans "
Journaliste de métier, ce n'est pourtant pas ce qui fait vibrer Stéphane Floricien. " Je veux être scénariste depuis que j'ai 8 ans. J'ai même un groupe WhatsApp avec des copains de CM1 qui peuvent en témoigner ", sourit-il.
Un choix qui correspond à sa personnalité : " C'est ce qui se rapprochait le plus de mes qualités, de mes capacités… parler aux gens. C'est un métier qui ressemble un peu au stand-up : ce n'est pas toi qui es sur scène, mais ce que tu as fait. Et tu as intérêt à être bon. Il y a une exigence qui me plaît. "
Cette fibre artistique, il l'a également transmise à sa fille. " Ma fille participe au film, du haut de ses 13 ans. Elle m'a dit : “N'empêche, tout ce travail pour quelques secondes à l'écran !”[Il rit] ", raconte-t-il .
Invité à couvrir la Coupe du monde, Stéphane Floricien ne s'éloigne pas pour autant de la réalisation. Un prochain long métrage est déjà en réflexion, sur du football justement.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters