Jean-Claude Barny : «Ce qui est important pour moi, c'est repérer ceux qui ont du talent et les encourager»
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Interview

Jean-Claude Barny : "Ce qui est important pour moi, c'est repérer ceux qui ont du talent et les encourager"

Propos recueillis par Albane Harmange
Le réalisateur guadeloupéen Jean-Claude Barny signe son 3e long-métrage
Le réalisateur guadeloupéen Jean-Claude Barny préside le jury du FIFAC pour cette septième édition.  • DR

Le président du jury, Jean-Claude Barny livre ses attentes sur sa participation au FIFAC

Vous avez été choisi comme président du jury du FIFAC, quelle était votre réaction ? 

En vous nommant président d'un festival, c'est comme si on confirme le cap que vous avez passé en tant que réalisateur. Vous ne faites plus partie des réalisateurs un peu lambda, mais vous avez aujourd'hui un statut particulier parmi tous les réalisateurs afro-caribéens. Le président du jury, c'est un peu comme une tête de gondole qui confirme la thématique du festival. Comme le FIFAC se penche sur les thèmes de l'Amazonie, des peuples amérindiens et que le travail que je mène consiste à retrouver la lignée de notre communauté à travers l'histoire, ça fait sens. À moins qu'ils m'aient choisi parce que je suis sympa.

Êtes-vous déjà venu en Guyane ? 

J'ai fait pas mal de publicité pour mon film Nèg Maron en Guyane. Mais je ne me suis jamais amusé à dire que je connaissais la Guyane, à chaque fois que j'y vais, je découvre. Parce que la Guyane, c'est quelque chose, c'est l'Amazonie. On ne l'attrape pas, ça vous attrape. 

Qu'est-ce que vous attendez de ce festival ? 

Déjà, en tant que président du jury, je sais qu'il y a une très belle programmation, très riche et talentueuse. Mais j'attends surtout de ressentir la génération qui arrive et de comprendre ce qu'elle a à proposer. Ma génération, on était concentré sur nous, on avait beaucoup de choses à raconter parce que personne ne parlait de nous. Aujourd'hui, il y a des conflits de par le monde qui nous arrivent aux oreilles. Et je voudrais savoir si le chaos qu'il y a aujourd'hui dans le monde influence des territoires comme la Guyane. 

Avez-vous des critères de sélection en tant que président du jury ? 

Pour moi, ce qui est important, c'est vraiment repérer ceux qui ont du talent et les encourager. Ce n'est pas forcément dans la meilleure œuvre, mais dans ce que le talent peut proposer, parfois de moins abouti. Mais on sait que, dans quelques années, avec cet encouragement-là, il va devenir un génie. Et c'est ça qui m'intéresse. 

Cette édition du festival met un focus sur les peuples autochtones, est-ce que c'est une thématique qui vous touche ?  

C'est assez incroyable, et je pense qu'ils ne le savent même pas, mais c'est un de nos grands sujets futur avec mon producteur. J'ai abordé l'esclavage avec Tropiques Amers, le Bumidom avec Le Gang des Antillais, la colonisation avec Fanon, et je me suis toujours dit : on parle de notre antillanité, de notre caribéannité, mais est-ce qu'on sait qui il y avait avant nous ? C'est un sujet sur lequel beaucoup de questions n'ont pas été posées. Je pense que c'est la prochaine grande question : savoir d'où nous venons. Et rendre hommage à ceux qui étaient là. La thématique du FIFAC ne pouvait pas mieux tomber. 

Vous êtes un réalisateur de fiction, quel est votre rapport au documentaire ?  

J'adore ça. Mes films, ce sont des films épiques, du thriller, mais il y a de la conscience dedans. Et cette conscience, je vais la chercher dans la réalité, dans la source, dans l'histoire. Je m'inspire énormément et je travaille beaucoup avec les documentalistes.

Votre film Le gang des Antillais va être projeté pour la clôture du festival, de quand date votre dernier visionnage ?  

Ça fait à peu près sept ans que je ne l'ai pas vu, je ne me rappelle même plus de la fin. Je tiens à remercier le FIFAC pour ce geste parce que projeter un de mes films, c'est vraiment une façon très maligne de faire partager mon travail à ceux qui ne le connaissent pas. Je le prends vraiment comme une courtoisie artistique des plus belles. 

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