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Sur les traces (à l'envers) du Maskilili

Audrey VIRASSAMY Samedi 07 juillet 2012
Sur les traces (à l'envers) du Maskilili
(dessin Arnaud Saint-Maxent)

Créature imaginaire ? Monstre réel ? Une chose est sûre : le Maskilili est bel et bien présent dans l'esprit de nombre de Guyanais.

PERSONNAGES CÉLÈBRES : ENTRE MYTHE ET RÉALITÉ (6/6).Existe ? N'existe pas ? Chacun a son avis sur le Maskilili. Et sa définition. Car dès qu'on évoque son nom, tous ont une histoire à raconter. Malheureusement, elle n'est jamais la même. Parmi les témoignages récoltés, certains éléments reviennent néanmoins. Le Maskilili est un petit monstre, pas très grand, qui affectionne la noirceur de la nuit et l'ombre des forêts. La créature ne sortirait que la nuit, pour se nourrir de grains de café vert ou de piment Bondamanjak. Autre caractéristique, soulignée par tous, et qui identifie toujours le Maskilili : ses pieds. En effet, aussi vrai que le loup du petit Chaperon rouge était doté de la parole, le Maskilili est pourvu de pieds à l'envers. « C'est pour ça que les gens pouvaient se perdre s'ils suivaient ses pas en forêt » , explique Armand Hidair. Mais pour le féru d'histoire, perdre les gens en forêt n'est pas une des principales occupations du Maskilili. Pour Franck Compper, de l'association Krakémantò, ce « petit personnage des contes et légendes de Guyane est un être espiègle qui aime jouer des tours aux chasseurs en les perdant en forêt. Les Maskilili ne sont jamais méchants, poursuit le conteur. On sait qu'ils ont les pieds à l'envers, mais personne ne sait à quoi ils ressemblent. »
« Ne restez pas traîner dehors sinon le Maskilili va vous emmener. » Voilà une mise en garde rapportée par chacun de ceux qui témoignent. « À l'époque, beaucoup d'enfants étaient traumatisés par ça, se souvient Henri, 58 ans, qui lui aussi a été mis en garde par ses parents et ses grands-parents. Mais je n'ai jamais entendu parler d'enfants pris par des Maskilili... »
« Ma mère m'a dit qu'elle en a vu un, se souvient Christelle, 35 ans. Je ne sais pas trop ce qu'elle a vu... Cette histoire-là a bien bercé mon enfance, mais avec le recul, je me dis que c'est comme le petit Chaperon rouge : nos parents nous faisaient peur avec ça pour qu'on n'aille pas se promener seuls dans les bois. Petite, j'y croyais vraiment. Maintenant, je me dis que peut-être il s'agissait d'enfants handicapés que les parents cachaient le jour honteusement et qu'on apercevait le soir... » Si elle reconnait le charme de ces histoires d'antan, Christelle n'a pas transmis ce conte à ses enfants. « Ces histoires me faisaient peur, surtout que les adultes racontaient cela autour du feu, en carbet. Je n'ai pas envie de faire peur à mes enfants. »
Faire peur aux enfants, les empêcher de traîner seuls le soir, voilà peut-être la vraie fonction du Maskilili. « Qu'est-ce qu'on ne rencontrait pas dans les rues de Guyane!, se souvient Armand Hidair. Il y avait le Maskilili, le Chouval twa pat, le Mèt bwa qui prenait les chasseurs, le Fiou-fiou qui coupait les cous des gens... Il y a plein d'histoires qui font peur. »

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