Ni chaînes Ni maîtres : film puissant au service de l'Histoire
Sorti en salles la semaine passée, le palpitant long-métrage de Simon Moutaïrou réhabilite des héros longtemps oubliés du cinéma français : les Marrons. À ne pas manquer.
Ni chaînes Ni maîtres est un film dont on ne sort pas indemne. Pour son premier long-métrage, le Franco-bénin Simon Moutaïrou, scénariste de Boîte Noire et Goliath, livre une œuvre intense, dans la moiteur de l'Isle de France, le nom que portait l'île Maurice au XVIIIe siècle. Massamba (Ibrahima Mbaye Tchie), et sa fille Mati (Anna Thiandoum), s'échinent sur la plantation d'Eugène Larcenet (Benoît Magimel). La canne à sucre, le labeur, les châtiments. Et puis un soir, ils s'enfuient.
Déportés, traqués, mutilés, le sommeil jamais tranquille, Massamba et Mati incarnent des héros longtemps ignorés du cinéma français : les Marrons. Les condamnés de l'esclavage qui y résistent, obstinément, préférant la mort à la servitude.
Une fiction brute
Pour retrouver les fugitifs, Larcenet fait appel à Madame La Victoire (Camille Cottin), femme abusée qui s'est défaite de ses propres chaînes, le mariage forcé, en choisissant l'oppression à son tour. Elle est devenue si bonne chasseuse de Marrons que c'est le Roi de France lui-même qui la paie. Madame La Victoire a bel et bien existé sous le nom de Michelle Christine Bulle.
Des plans serrés sur la chair, la pluie, les larmes, une course sur la plage, caméra à l'épaule, haletante à s'en brouiller la vision ; Ni chaînes Ni maîtres est une fiction brute et puissante au service de l'Histoire.
Elle réhabilite enfin une mémoire que l'on connaît et que l'on enseigne trop peu : le marronnage dont le combat a été le plus noble du monde, " vivre libre ou mourir ".

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