Plusieurs centaines de personnes ont pris part à la marche contre l'orpaillage illégal (TF)
La 4e édition des Journées des peuples autochtones a été marquée par la marche de protestation contre l'orpaillage illégal samedi, ainsi que par un discours très offensif de Jocelyn Thérèse, président du conseil consultatif des populations amérindiennes et bushinengue.
Une « nouvelle ère de résistance » . Tels sont les mots employés par Jocelyn Thérèse, président du conseil consultatif des populations amérindiennes et bushinengue et membre du conseil de coordination de la Foag (Fédération des organisations autochtones de Guyane), lors de son discours d'ouverture de la 4e édition des Journées des peuples autochtones, samedi sur la place des Palmistes. Son intervention, Jocelyn Thérèse l'a voulu emprunte de force et d'émotion dans le but d'unir l'ensemble de la population autour d'un même objectif : « Défendre notre terre et nos droits. » Une entreprise entamée quelques dizaines de minutes plus tôt à l'occasion d'une grande marche dans les rues de Cayenne.
DISSENSIONS SOUS SILENCE
La manifestation, à laquelle le collectif des « Hurleurs » a participé en réponse à l'invitation des organisateurs des JPA, avait pour objectif de protester contre les ravages causés par l'orpaillage illégal. Dans le cortège qui a investi les rues de Cayenne après s'être élancé de la rue qui conduit au fort Cépérou, quasiment toutes les composantes de la société guyanaise étaient représentées. Les Amérindiens bien évidemment (Kali'na, Teko, Lokono, Wayana, Paykweneh), mais aussi les Bushinengue, les Hmongs, les Créoles... Une démonstration d'unité qui a presque fait oublier les féroces dissensions qui règnent entre la Foag et l'Onag (Organisation des nations autochtones de Guyane). De fait, la présidente de cette dernière, Florencine Edouard, conteste ouvertement la légitimité de la Foag. Toutefois, l'heure n'était pas au déballage des querelles. Même si Jocelyn Thérèse a tenu un discours très offensif.
GARDIENS DE L'AMAZONIE
Après avoir réclamé une minute de silence en hommage aux anciens ainsi qu'aux « jeunes qui se sont ôtés la vie » , Jocelyn Thérèse a utilisé des mots d'une grande force symbolique. « J'entends dire qu'il n'existe plus de confiance dans les partis politiques, dans la classe politique, dans les lois et dans la gouvernance qui sévit dans ce pays, a-t-il lancé. Voilà pourquoi nous devons nous unir pour défendre notre terre. Nous sommes les nations originelles. Nous sommes les gardiens de l'Amazonie. C'est pourquoi tous, les femmes comme les hommes, nous devons prendre part à tous les débats sur le développement de notre pays. »
GÉNOCIDE
Seul sur la scène érigée sur la place des Palmistes, le président du conseil consultatif ajoute : « D'importantes lacunes subsistent à tous les niveaux. Les Nations unies tiendront bientôt une assemblée générale sur les peuples autochtones. A cette occasion, nous devrons alerter la communauté internationale sur la manière dont nous sommes traités par la France. »
Jocelyn Thérèse fait à la fois référence à l'absence de reconnaissance du statut des chefs coutumiers, mais aussi des moyens de lutte jugés insuffisants contre l'orpaillage illégal. « Il faut arrêter le génocide qui est en cours dans ce pays, a-t-il déclaré. Nous n'avons plus beaucoup de temps. » Des points sur lesquels Rodolphe Alexandre, président de Région, ne pouvait qu'acquiescer.
« Il faut que les autorités coutumières soient reconnues par l'Etat » , a affirmé l'élu, qui a précisé : « Ces journées ne sont pas du folklore. » Même si la scène est entourée par des carbets artisanaux et des espaces de restauration, que ces journées offrent au public des découvertes culturelles et traditionnelles, la teneur des discours n'a laissé que peu de place au doute quant à la visée politique de la manifestation. Reste à savoir si les voix porteront au-delà de la place des Palmistes.
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