La Charlotte, ou l’histoire d’un esclave devenu esclavagiste
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La Charlotte, ou l’histoire d’un esclave devenu esclavagiste

La Charlotte
La Charlotte • CELINE FREMAUX

Les habitants de Montsinéry-Tonnégrande ont pu découvrir ce week-end l’histoire de l’habitation La Charlotte, durant une conférence à la mairie dans le cadre des commémorations de l’abolition de l’esclavage. Nathalie Cazelles, archéologue, a restitué trois années de fouilles qui permettent aujourd’hui d’en savoir un peu plus sur cette maison sucrière, bâtie par un esclave de Guadeloupe, devenu esclavagiste en Guyane.

Si l’on veut comprendre l’histoire de l’habitation La Charlotte, située vers la crique Coco, à Montsinéry-Tonnegrande, il faut d’abord s’intéresser à son propriétaire, Pierre Frontin, un esclave qui s’est échappé de Guadeloupe…, pour devenir esclavagiste en Guyane. Né en 1762, ce « métif », libre de naissance, fils d’Elizabeth, mulâtresse libre, et d’un père inconnu, né au port de la Liberté » selon les registres officiels, a pris le nom de Frontin, à partir de 1793, année où selon, un arrêté, les hommes libres de couleur pouvaient se choisir un nom de famille.

L’homme, qui a eu une brillante carrière militaire (capitaine des chasseurs, capitaine des grenadiers, commandant militaire de Pointe-à-Pitre) a eu trois enfants hors mariage avec...