Killers of the Flower Moon, génocide discret
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Cinéma

Killers of the Flower Moon, génocide discret

Romain ALLIMANT (r.allimant@agmedias.fr)
Killers of the Flower Moon.
Killers of the Flower Moon. • PARAMOUNT PICTURES,PHOTO MELINDA SUE GORDON

Le dernier film de Martin Scorcese raconte le récit, inspiré d'une histoire vraie, du massacre des Osages, un peuple autochtone américain, par une communauté blanche aux États-Unis, sur fond de racisme et de colonialisme.

Après The Irishman, qui relatait l'influence de la pègre dans l'histoire politique américaine, Martin Scorcese signe un nouveau film basé sur un livre et inspiré d'une histoire vraie. Cette fois-ci, le réalisateur de Taxi Driver, Casino ou encore Le Loup de Wall Street a choisi de raconter le massacre des Osages, un peuple autochtone des États-Unis. L'histoire se déroule dans les années 1920, dans l'Oklahoma, où les Osages ont été déplacés par le gouvernement et se sont vus attribuer une manne financière démesurée après la découverte de pétrole sur leurs terres. Et comme souvent, l'or noir finit par attirer les convoitises...

Massacre poli

Durant plus de 3 h 30, le film présente un génocide discret, presque poli, mené par un Robert De Niro glaçant de cruauté. Sans trop révéler les différentes intrigues de Killers of the Flower Moon, on peut affirmer que ce long-métrage emporte le spectateur dans une horreur à la fois politique et intime. Le personnage de Lily Gladstone, dont l'aura mélancolique impressionne de subtilité, représente son peuple qui disparaît progressivement, miné par l'omniprésence d'une communauté blanche incarnée par un Leonardo Di Caprio étouffant.

Racisme et cupidité

Le film déroule son emprise sur le spectateur au même rythme, tantôt effréné, tantôt plus calme, que la colonisation qui s'opère à l'écran. Si Killers of the Flower Moon ne semble pas avoir l'aspect percutant des Affranchis, autre film culte de Martin Scorcese, c'est justement en raison de sa faculté à se répandre insidieusement, discrètement, dans l'imaginaire de celles et ceux qui observent, démunis, les horreurs provoquées par le racisme et la cupidité. Une véritable fresque de la colonisation.

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