Jean Moomou sur l'histoire des Boni/Aluku : « Pourquoi aller fouiller un passé qui a fait couler tant de sang ? »
Le professeur des universités Jean Moomou s'intéresse au silence dans le récit historique des sabiman Bushinenge.
L'approche de l'histoire, par le biais du témoignage des sabiman et des sabiuman, par la littérature orale, permet de saisir la manière dont elle est racontée et transmise. De discerner ce qui est réellement porté à la connaissance du public et ce qui est dissimulé. Parmi les savoirs transmis, on retrouve des domaines communs à toutes les civilisations : celui des savoirs écologiques, de l'héritage langagier, culturel, cultuel et historique.
Le témoignage des sabiman constitue une source
Bien que le témoignage des sabiman constitue une source pour accéder aux données du passé, leur récit ne livre pas tout. Quand, par exemple, ils évoquent la biographie des personnages de l'histoire boni, ils n'en révèlent pas forcément toutes les facettes : ils ont tendance à privilégier les aspects positifs de leur vie, à magnifier leur rôle, préférant passer sous silence les aspects négatifs qui entacheraient leur célébrité.
Cette pratique discursive ne diffère pas de ce qu'on observe dans d'autres sociétés d'Amérique, d'Europe ou d'Afrique, notamment dans le discours politique mémoriel. À titre d'exemple, la dénomination d'une rue, l'érection d'un monument commémoratif,...

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