« Ilana » : le prochain film de Marvin Yamb en tournage
France-Guyane a assisté au dernier jour de tournage du court-métrage réalisé par Marvin Yamb. Dans les coulisses d'un film 100% Guyanais !
Célébrée chaque 1er novembre par l'Église catholique, la Toussaint donne lieu à des visites de cimetières et à des fleurs déposées sur les tombes. Mais cette année, la « fête des morts » a une autre résonance, loin du goût du calou et plus proche de celui du dégoût. Au 88 rue Madame Payé se joue un autre type de deuil : celui de l'innocence. Telle une mise en abyme de la réalité locale qui s'opère à l'extérieur, le réalisateur Marvin Yamb tourne, dans un temple, la dernière scène de son court-métrage poignant et révoltant sur l'inceste familial, intitulé Ilana et produit par Aldabra Films. Comme un clin d'œil à la cérémonie du jour, il rappelle que même les disparus ont une responsabilité dans le silence entourant nos traumatismes sociétaux actuels.
Un travail 100 % made in Guyane
La salle transformée en église est pleine de figurants, environ 50 personnes serrées les unes contre les autres. C'est la scène de fin, celle qui délivre ou non les personnages de leurs rôles. Le message visuel est cruel. Un silence pesant, profond, injuste se répand dans la pièce. Devant un pupitre, sur une estrade, une prédicatrice récite son texte face à une foule d'adeptes criant en chœur « Amen ». Elle prêche, ils répondent. « Générosité, frères et sœurs, pas perdus », lance-t-elle. Mais doit-on, et peut-on, faire preuve de générosité face à l'horreur humaine ?
Habillé de sa marque Bassa, Marvin Yamb observe le moniteur. Concentré, impliqué, il donne ses instructions entre deux prises, tandis que 30 techniciens locaux participent au projet. Maxime Col, entre autres, chef opérateur, immortalise le tout avec sa caméra. « Depuis Maroni, du chemin a été parcouru ! C'est toujours agréable de tourner avec des amis qui progressent et avec un budget correct », rappelle Adrien Valet, premier assistant caméra venu de Guadeloupe spécialement pour ce tournage en Guyane. En effet, ce film est aussi l'histoire d'une équipe de passionnés ayant débuté ensemble sur la série Guyane de Canal+ en 2016 et travaillant d'arrache-pied pour donner ses lettres de noblesse au cinéma guyanais. La photo de groupe finale illustre cette complicité. Le marathon ne date pas d'hier.
La lumière au bout du tunnel
Depuis l'annonce de la fin de tournage, Marvin est sur un nuage. Fierté personnelle et reconnaissance envers ses partenaires se mêlent en lui. À l'image de l'étreinte finale avec la productrice Murielle Thierrin, une immense satisfaction et beaucoup d'émotion règnent sur le plateau. « Ce projet a mis plus de cinq ans à voir le jour et, émotionnellement, c'est l'un des films les plus difficiles que j'ai eu à produire », confesse Murielle. Après quatre ans d'écriture, une première tentative de collaboration avec une coscénariste avortée pour divergence de vision, une longue période de casting conclue par la révélation in extremis de la jeune actrice principale Djenika Louis, dite « touchée par la grâce de Dieu », et un financement express du CNC en six mois, la magie opère enfin. Jeu d'acteurs, équipe technique et décors s'alignent harmonieusement. C'est avec un grand soulagement qu'Alexandre Collombier, producteur exécutif, accueille cette intense semaine de tournage, prometteuse de « prouesses en termes d'acting ».
« Personne n'a nos images ! », déclare fièrement Marvin. Il souhaite encadrer le clap de fin car il voit ce projet comme « un passage à l'âge adulte ». Ému et lucide, il partage : « Ne pas trouver ce qui t'anime, c'est horrible. Aujourd'hui, je sais que je suis fait pour le cinéma, et je souhaite à tout le monde de trouver sa voie ! Je ne laisserai plus jamais personne me paternaliser dans ce milieu. Ce film, c'est : tenez, et bouffez ça ! ». Rendez-vous donc dans quelques mois pour découvrir ce film percutant !

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