Vidés mais pas couchés
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KOUROU

Vidés mais pas couchés

Philippe CHAUVIN
Un dimanche matin sur deux, comme ce 2 février, les Kourouciens peuvent participer au vidé footing matinal, avec leur Monstre. (PhCh)
Un dimanche matin sur deux, comme ce 2 février, les Kourouciens peuvent participer au vidé footing matinal, avec leur Monstre. (PhCh)

Tous les quinze jours, pendant le carnaval, le comité carnavalesque de Kourou organise un vidé footing matinal afin de mettre la ville au rythme de la fête.

Cinq heures du matin viennent de sonner. Une incantation déchire l'obscurité. « Montez les genoux. C'est ça, c'est ça! Le but c'est de transpirer. » Le speaker du Monstre en appel aux habitants de Kourou : « Réveillez-vous! C'est jour de carnaval aujourd'hui. » La nuit insiste encore lourdement mais l'ombre du Monstre la déchire.
Sorti de son antre du Pôle culturel, il entame sa marche matinale. Trois noctambules prennent le train en marche pour débuter. À peine vêtus, ils se mettent immédiatement au diapason de l'orchestre. Direction La Savane pour un premier arrêt et un premier appel. Le temps pour Maryse Chenard-Germain, la secrétaire adjointe du comité carnavalesque, de rappeler que le vidé footing a lieu « tous les quinze jours. C'est un moyen de rappeler aux gens que c'est jour de fête et de les inviter à la parade de l'après-midi. Nous avons de vrais aficionados qui ne rateraient pour rien au monde ces rendez-vous. Certains se lèvent exprès pour nous rejoindre et d'autres n'ont pas dormi du tout. Cela fait un mélange bigarré et cosmopolite qui communie dans la joie, le sport, la musique et la danse. »
Jacky et Marie-Louise Tafanier, grâce à la pause, ont enfin pu rejoindre le cortège qui grossit timidement. « Je fais partie de ceux qui viennent souvent » , témoigne Jacky. Pour Marie-Louise, qui appréhende un peu, « c'est la première fois » . Elle a peur « de ne pas pouvoir suivre le rythme » .
L'effort physique est intense. Les premiers ne perdent pas de temps, comme si la fatigue ne pouvait les atteindre. De nombreux deux-roues rejoignent la procession qui commence à être consistante.
PROCHAIN VIDÉ LE 16 FÉVRIER
Quartier suivant, l'Anse. « Personne ne dort à l'Anse » , prétend le speaker. Mais justement qu'en pensent donc ceux qui sont réveillés, parfois contre leur gré, aux matines ? José dos Santos est beau joueur. « Je trouve cela plutôt sympa. On n'a pas beaucoup l'occasion de s'amuser. Et puis, cela n'arrive qu'une fois par an. » Les plus ronchons vont bientôt pouvoir retomber dans les bras de Morphée. Les fêtards sont déjà passés et arrivent sur l'avenue des Roches.
« Hélicoptère! » , annonce le speaker. « Tous les garçons retirent leur tee-shirt, le font tourner au-dessus de leurs têtes et sortent leurs pectoraux. »
Le vent vient de se lever, juste avant le jour. Marie-Louise est contente d'avoir pu suivre le rythme, « même si cela n'a pas été toujours facile » . Encore un tour du côté de la Place des fêtes. Le Monstre revient à son point de départ. Le jour peut se lever comme si ce moment de folie n'avait jamais eu lieu... ou n'attendait qu'à se renouveler. Prochain rendez-vous, dimanche 16 février, à 5 heures, à l'Anse.

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